«Attendu pour un meeting à Tipasa, Ouyahia est arrivé
en retard.»
Sans voiture, c’est dur d’être à l’heure
Il soutient tout. Il est d’accord avec tout. Et il vient d’innover en
rajoutant à son soutien total, une couche énorme. Il annonce que désormais,
dorénavant et à partir d’aujourd’hui, il soutiendra tout ce que dira ou
fera le président, sans voir. Comme au poker, ya bouguelb ! C’est plus du
soutien, c’est de l’amour. C’est plus de l’amour, c’est de la rage ! A
la limite, je peux comprendre que l’on apporte son soutien à la démarche en
cours d’un mec. Mais comment peut-on s’engager à soutenir tout ce que fera
ce mec dans l’avenir proche et lointain ? Et si le gars pète un plomb en
route ? Et si le gars grille un ou deux fusibles ? Et si le gars commence à
voir des éléphants roses vêtus de tutus roses danser le jerk au rond-point
d’El Mouradia ? Et si le gars chauffe du ciboulot au point d’envoyer la
troupe contre la Libye ? Pourtant, c’est bien de cela dont il s’agit. Nous
sommes en face d’un Lucky Luke qui soutient plus vite que son ombre. Ou plus
exactement d’un Rantanplan, couché en horizontalité parfaite et qui nous prévient
solennellement qu’il dira oui en toutes circonstances, qu’il signera à
blanc n’importe quel engagement et qu’il misera tout le tapis de jetons
(encore le poker) sur le jeu présumé, supposé ou avéré du boss. Moi, autant
de fidélité, ça me donne froid dans le dos. S’attacher à être d’accord
avec ce que n’a pas encore dit un gars, fût-il président, c’est inquiétant
pour le bled. Ça veut dire aussi et surtout que les choses sérieuses, les
choses de l’Etat, les choses dont ont la charge les gens de l’Algérie
d’en haut se gèrent comme dans une salle de jeux de hasard, autour d’une
table de black jack. A cette différence que dans les casinos, même le hasard
est sous surveillance vidéo permanente. Je fume du thé et je reste éveillé,
le cauchemar continue. H. L.
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