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Douanes. Les services vétérinaires laissent passer près de
85 kilos de viande avariée non hallal…
…en provenance d’Allemagne
Ce qui m’a interloqué en voyant les photos de la conférence de presse de
Kebir, ce n’est pas tant le luxe de la villa mise à sa disposition par un
riche inconnu. Ce n’est pas tant le côté vachement kitch, rococo et
sûrement très coûteux de la mosaïque posée sur les murs de cette
propriété. Ce n’est pas tant le fait que Rabah Kebir ait tenu à installer
à ses côtés un autre Kebir, dissident celui-là du RND, un parti de
«patriotes et de résistants». Ce n’est pas tant l’aspect nain de jardin d’un
Ali Benhadj s’accrochant comme un noyé à l’escouade allemande à peine
débarquée en Algérie. Ce n’est pas tant la mise stricte et sobre de Kebir
et sa barbe taillée avec une rectitude toute teutonne qui me fait dire que le
séjour allemand n’a pas été totalement inutile. Ce n’est pas tant que
cette conférence de presse était courue par tout ce que compte Alger de
reporters et de photographes. Ce n’est pas tant le fait que tu puisses un jour
fuir ton pays par la mer dans des conditions vachement obscures et que tu aies
la possibilité de réapparaître, 15 ans après, trônant dans un salon à l’ameublement
affreusement oriental et que de ce lieu, tu annonces être revenu pour enrôler
un max de jeunes dans ton futur parti. Non ! Tout cela, à la limite, c’était
presque attendu. Car lorsqu’on tombe le haut, lorsqu’on se met les nibards
à l’air sans que personne en face ne vous l’ait vraiment demandé, faut pas
s’étonner ensuite qu’on exige de vous que vous tombiez le bas, le pantalon
et le caleçon, si caleçon il y avait ! En fait ce qui m’a sauté aux yeux,
au visage et aux lambeaux de dignité qui me restent, c’est le fait que Rabah
Kebir ait osé, lors de sa conférence de presse illégale, face à des dizaines
de photographes, poser devant lui, sur une table basse, bien en évidence, le
drapeau de l’Algérie, l’emblème de la patrie, Ed’rapo, Laâlam !
Comment, ya dine errab, celui qui a milité et travaillé activement et aussi
longtemps à faire tomber la patrie, l’Algérie, peut aujourd’hui sans être
inquiété, sans gêne aucune se faire flasher devant le meilleur symbole de
cette Algérie anti-intégriste qu’est l’emblème national ? Je fume du thé
et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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