
Actualités : MOHAMED SIDATI DENONCE L'INFLUENCE NEGATIVE DE PARIS SUR RABAT «Pas de partenariat franco-maghrébin sur la dépouille du peuple sahraoui»
Le ministre sahraoui délégué pour l’Europe a réitéré, lundi soir, le rejet de son gouvernement «de toutes négociations directes» avec le Maroc. Mohamed Sidati considère que cette initiative qui vise à sortir le conflit de l’impasse est une «manœuvre» inspirée par la France et l’Espagne. Tarek Hafid - Alger (Le Soir) - «Des rumeurs persistantes font état de négociations directes entre les deux parties au conflit. Cette initiative est présentée comme étant l’unique solution pour sortir de l’impasse. Le gouvernement sahraoui rejette ce qu’il considère être une manœuvre et refuse de tomber dans ce piège car cette formule le ferait sortir du sentier tracé par le droit international, occulterait le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et enterrerait le droit légitime à l’indépendance du Sahara occidental», a déclaré Mohamed Sidati lors d’une conférence de presse animée lundi soir au siège de l’ambassade de la RASD. Selon le ministre sahraoui délégué pour l’Europe, la tenue de telles négociations n’est pas sans rappeler «le scénario de l’invasion du Sahara occidental en 1975». «C’est un moyen perfide qui vise à reporter la tenue du référendum aux calendes grecques. Ceux qui préconisent ce genre de démarche sont la France et l’Espagne, les deux grands alliés du Maroc», préciserat- il en ajoutant que ce «projet est mort-né». Mohamed Sidati tiendra à rappeler que les négociations directes entre le gouvernement sahraoui et le Maroc qui ont eu lieu par le passé ont abouti à une série d’accords. «L’unique solution pour une sortie de crise consiste en la stricte application de ces accords». Interrogé sur l’éventualité d’un éventuel changement de position de la France vis-à-vis du conflit au Sahara occidental suite aux prochaines élections présidentielles, Mohamed Sidati a fait montre d’un certain pessimisme. «Nous ne pouvons nous attendre à pire, quelle que soit la couleur du régime français. L’attitude de la France est le nœud gordien du conflit au Sahara occidental. La stabilité dans la région passe par un règlement définitif du conflit sur la base du droit international. Pas de partenariat francomaghrébin sur la dépouille du peuple sahraoui. Nous adressons toutefois un message de paix pour qu’il y ait une révision de la position de la France.» Le responsable sahraoui a également dénoncé l’attitude des Nations unies, institution censée garantir la stricte application des résolutions devant permettre l’organisation du référendum d’autodétermination. Là encore, il a réfuté l’idée d’un changement de position des Nations unies après le départ de Kofi Annan, son actuel secrétaire général. «La question sahraouie n’est pas liée au secrétaire général de l’ONU», dira-t-il à ce propos. Pour Sidati, le prochain rapport de Kofi Annan, qui est attendu pour la fin de ce mois, pourrait être plus «crédible» comparativement à celui du mois d’avril dernier. «Il a besoin de partir en beauté », a ironisé le ministre sahraoui. Mohamed Sidati a par ailleurs dénoncé la politique répressive imposée par les forces coloniales marocaines dans les territoires sahraouis occupés par le Maroc. A ce sujet, il relèvera le retard dans la publication du rapport de la commission des droits de l’homme de l’ONU dépêchée au printemps dernier dans ces territoires. «Les quelques éléments d’information en notre disposition indiquent que ce rapport est plus qu’accablant pour les autorités coloniales. D’où le retard dans sa publication par les Nations unies, car il semblerait que le Maroc fasse actuellement pression sur cette institution. Pour notre part, nous exigeons la publication intégrale de ce rapport dans les plus brefs délais.» T. H.
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