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«Devinette. A quoi ressemblera le procès Khalifa prévu
juste après le Ramadhan ?»
A un conseil des ministres !
Allez savoir pourquoi cette réhabilitation de Djaballah ne passe pas. Je n’arrive
pas à me faire à l’idée qu’il s’agit d’un processus normal, que la
justice a statué une première fois, et qu’elle vient de statuer une
deuxième fois, définitivement. Allez savoir aussi pourquoi, sans que ça ait
un lien avec Ramadhan, parviennent à mes narines des odeurs de marmite où l’on
fait bouillir une drôle de mixture et où des mains qui ne me sont pas
inconnues touillent à s’en péter les jointures. Allez savoir pourquoi — c’est
peut-être le privilège, ou au contraire le handicap de l’âge — passé un
cap, on se méfie de tout. On est sur ses gardes, sur le qui-vive. Pourquoi le
blanchiment de Djaballah et pourquoi aujourd’hui ? Pourquoi pas il y a deux
ans quand la dissidence s'était déclarée ouvertement ? Pourquoi pas il y a un
an ? Pourquoi pas il y a six mois ? Pourquoi aujourd’hui précisément, au
moment où un véritable pôle islamiste est en phase de reconstitution active ?
Et plus j’y pense, plus l'odeur du chaudron dans lequel se mitonne «ettakh’lat»
m’envahit le nez et me fait suffoquer. Non ! C’est impossible ! Ils ne vont
tout de même pas remettre ça ? Comme en 88. Comme en 90. Comme en 92. Une
voix, celle du côté obscur de mon esprit, me chuchote «pourquoi, tu penses qu’ils
ont cessé un jour de faire bouillir le chaudron ? T’es bien naïf, Hakim !».
Naïf ? Peut-être. Mais surtout horrifié et dégoûté. Horrifié par le fait
que les "touilleurs" de chaudrons n’aient pas retenu la leçon, n’aient
pas compris qu’à force de manipuler l’islamisme ou de croire le manipuler,
il vous éclate à la figure, 200 mille morts plus loin. Et dégoûté, parce
que, l’un dans l’autre, les morts se comptent rarement parmi ceux qui
touillent le chaudron. Bon Dieu ! Pourquoi ne puis-je pas faire comme les
autres, comme tout le monde et croire tout simplement que le blanchiment de
Djaballah maintenant n’a aucun lien avec une pratique coutumière du régime,
ettikherbichin ? Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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