Jeudi 05 Octobre 2006
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MAZAL ETTIKHERBICHIN ?

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

«Devinette. A quoi ressemblera le procès Khalifa prévu juste après le Ramadhan ?»

A un conseil des ministres !

Allez savoir pourquoi cette réhabilitation de Djaballah ne passe pas. Je n’arrive pas à me faire à l’idée qu’il s’agit d’un processus normal, que la justice a statué une première fois, et qu’elle vient de statuer une deuxième fois, définitivement. Allez savoir aussi pourquoi, sans que ça ait un lien avec Ramadhan, parviennent à mes narines des odeurs de marmite où l’on fait bouillir une drôle de mixture et où des mains qui ne me sont pas inconnues touillent à s’en péter les jointures. Allez savoir pourquoi — c’est peut-être le privilège, ou au contraire le handicap de l’âge — passé un cap, on se méfie de tout. On est sur ses gardes, sur le qui-vive. Pourquoi le blanchiment de Djaballah et pourquoi aujourd’hui ? Pourquoi pas il y a deux ans quand la dissidence s'était déclarée ouvertement ? Pourquoi pas il y a un an ? Pourquoi pas il y a six mois ? Pourquoi aujourd’hui précisément, au moment où un véritable pôle islamiste est en phase de reconstitution active ? Et plus j’y pense, plus l'odeur du chaudron dans lequel se mitonne «ettakh’lat» m’envahit le nez et me fait suffoquer. Non ! C’est impossible ! Ils ne vont tout de même pas remettre ça ? Comme en 88. Comme en 90. Comme en 92. Une voix, celle du côté obscur de mon esprit, me chuchote «pourquoi, tu penses qu’ils ont cessé un jour de faire bouillir le chaudron ? T’es bien naïf, Hakim !». Naïf ? Peut-être. Mais surtout horrifié et dégoûté. Horrifié par le fait que les "touilleurs" de chaudrons n’aient pas retenu la leçon, n’aient pas compris qu’à force de manipuler l’islamisme ou de croire le manipuler, il vous éclate à la figure, 200 mille morts plus loin. Et dégoûté, parce que, l’un dans l’autre, les morts se comptent rarement parmi ceux qui touillent le chaudron. Bon Dieu ! Pourquoi ne puis-je pas faire comme les autres, comme tout le monde et croire tout simplement que le blanchiment de Djaballah maintenant n’a aucun lien avec une pratique coutumière du régime, ettikherbichin ? Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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