Actualités : FRANCE
Est-ce la fin du calvaire pour les expulsés de Cachan ?
De notre bureau de Paris, Khadidja Baba-Ahmed


Le calvaire durait depuis la mi-août pour les expulsés de Cachan. Il vient peut-être de prendre fin, mais le scepticisme est tout de même de mise, les solutions trouvées n’étant que provisoires et le problème de fond, notamment pour les sans-papiers, n’étant pas résolu. Les représentants des familles réfugiées dans le gymnase de Cachan (banlieue-sud parisienne) ont accepté, dans la nuit de mercredi à jeudi, les propositions qui leur ont été faites par les associations France Terre d’asile, SOS-Racisme et la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme mandatés par le gouvernement pour assurer une médiation et trouver une solution aux 300 immigrés réfugiés à Cachan.
Ces personnes ont donné leur accord pour sortir du gymnase et ont accepté les relogements proposés dans plusieurs structures d’hébergement en Ile-de-France. Des appartements proposés pour les relogements mais aussi des chambres dans des centres d’accueil, autant dire pour certains des solutions qui sont loin de régler définitivement le problème, risquant même, de part l’éloignement et la dispersion des logements proposés, de faire tomber dans l’oubli le règlement définitif de leur situation. N’est pas non plus réglé le problème des sans-papiers, une centaine qui craignent les expulsions de France, onze d’entre eux ont déjà été reconduits aux frontières. Selon le maire socialiste de Cachan, il n’y aura pas de procédure d’expulsion pendant l’examen des dossiers de régularisation. Le dossier de ces derniers sera examiné par le ministre de l’Intérieur qui s’y serait engagé. Le président de la LICRA, Patrick Gaubert, sans répondre directement à la question de savoir si le ministre de l’Intérieur s’est engagé à ne procéder à aucune expulsion, assure tout au moins avoir reçu des garanties pour que les familles n’aient rien à craindre». Pour que les sans-papiers de Cachan aient accordé du crédit à ces propos qui se veulent rassurants, ces dispositions seraient inscrites dans le protocole d’accord qui devait être signé hier, entre les associations médiatrices et les représentants du gymnase de Cachan. Il faut noter enfin que les autorités françaises n’ont finalement décidé de régler le problème des hébergés du gymnase de Cachan que sous la pression de la rue qui n’a pas cessé de s’indigner de la situation faite à cette population d’exclus de la République. Il a fallu que beaucoup descendent dans la rue pour dénoncer la situation sanitaire alarmante dans le gymnase de Cachan : la tuberculose y a fait son apparition, les diarrhées et gastroentérites ont touché les enfants, les grévistes de la faim ont dû être hospitalisés pour que le gouvernement réagisse et que Nicolas Sarkozy daigne enfin trouver des solutions. Sont-elles pérennes ou le problème des immigrés de Cachan n’estil utilisé qu’à des fins de propagande électorale ? L’avenir nous le dira.
K. B.-A.

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