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«Prix Nobel de médecine. Le professeur Debré
pressenti.»
Une juste récompense
La vacuité de l’actuelle campagne de lutte contre la corruption tient dans
une question : «Un régime qui truque des élections, qui monte un dossier
bidon pour mettre en prison des opposants et des journalistes peut-il passer
pour crédible quand il annonce qu’il va s’attaquer à la corruption ?» Ma
chekit’ch ! Quand on bidouille le choix populaire, quand on maquille un
scrutin, peut-on combattre cette autre pratique de la sphère du bidouillage qu’est
la corruption ? C’est impossible. A moins de croire qu’un braqueur de banque
puisse se tirer intentionnellement une balle dans le pied sur le seuil de la
banque qu’il vient de soulager de ses biffetons. A moins de croire également
que l’on peut être clean et honnête 363 jours de l’année et céder au
banditisme et aux manipulations criminelles de bulletins les deux jours d’un
scrutin en violant l’urne et les suffrages exprimés par le peuple. Plus
crûment encore, comment prendre au sérieux un pouvoir qui claironne sa
volonté d’éradiquer la corruption, alors que dans le même temps, un membre
éminent de ce pouvoir, portant une double casquette, ministre et chef d’un
parti de l’Alliance, affirme, sans être démenti ni inquiété, que la
plupart des hauts responsables de l’Etat algérien trafiquent leur patrimoine
et n’amassent jamais de richesses en leur nom, préférant l’écran familial
? Personnellement, je ne commencerai à croire en une campagne de lutte contre
la corruption que le jour où son annonce s’accompagnera d’une autre annonce
encore plus importante, celle du jugement de tous ceux qui, encore vivants et
évoluant toujours dans les sphères décisionnelles, nous ont confisqué la
parole et le libre choix. En attendant, si c’est pour faire dans le folklore,
occuper la galerie et mettre en taule des sous-fifres, des demi-sels, très
franchement, à ces «loisirs», à ces jeux, je préfère de loin mon
occupation favorite, fumer du thé et rester éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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