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La fondation suédoise Alfred Nobel écrit à l’Algérie :
«Laissez-nous en paix !»
Ouyahia vient d’en remettre une couche dans son long feuilleton intitulé
«Eh ! Oh ! Vous m’entendez ? Je soutiens le président, malgré le fait qu’il
m’ait viré !». Invité par la Chaîne II de la radio, H’mimed a dit,
répété et tapoté sur le micro qu’il soutiendra Bouteflika pour un 3e
mandat. Je ne sais pas quel gros problème a Ouyahia avec cette histoire d’élection
présidentielle à venir, mais je trouve hautement intrigant qu’il n’arrête
pas, depuis son limogeage, de donner à tout bout de champ et d’interviews des
gages de fidélité à l’actuel locataire d’El Mouradia. Tu le dis une fois
que t’as été fidèle et que tu le resteras, ça devrait suffire, non ?
Diantre ! Pourquoi souligner au gros marqueur une fidélité aussi mortellement
indéfectible et prendre à témoin une opinion, laquelle, à la limite, le
soir, au café, discute d’autre chose que des aptitudes ou non de H’mimed à
rester fidèle à Abdekka ? Que je sache, nous ne sommes plus au lendemain du 8
avril 2004 où, là, effectivement, les couards qui avaient soutenu Benflis par
intérêts et calculs avaient quelques raisons de donner des gages, tant le
climat de chasse à la sorcière et de purge était lourd et à la limite du
lynchage. D’ailleurs, petite parenthèse au passage : j’ai souvenance d’un
éditorialiste qui avait appelé ces mentors de l’époque, ces donneurs d’ordres
et de chèques à liquider, à écraser ces journaux qui avaient osé ne pas
soutenir le grand, le magnifique Boutef’. Depuis, allez savoir pourquoi, le
même éditorialiste, incitateur au lynchage de ses confrères n’arrête pas
de faire tourner la machine de ses éditoriaux autour d’un thème unique :
«Comment je suis revenu de mon soutien aveugle à Boutef’.» Mais on s’en
fout mon grand ! Parenthèse fermée. Reste par contre entière l’énigme
Ouyhahia. Pourquoi tient-il à ce point à claironner qu’il soutiendra contre
vents et marées, «mah’ma kan el hal» un 3e mandat de Abdekka ? Quelle
subtilité stratégique dont lui seul détient le code se cache derrière ce
soutien placardé sur tous les murs du pays ? Quels dividendes peut encore
attendre un Ouyahia lourdé de manière inélégante d’un soutien aussi
ostentatoire à sa lourdeur ? Réoccuper le fauteuil chauffé en ce moment par
Belkhadem ? En termes d’ambition politique, ça fait plutôt riquiqui ces
quelques centimètres carrés à reconquérir. Je croyais le bonhomme un peu
plus ambitieux. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H.
L.
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