Actualités : MORT EN EXIL EN ALGERIE
Célébration du centenaire du roi du Bénin


Revenus sur les traces de leurs ancêtres et leur héros national, le roi Gbêhanzin, une mission de neuf Béninois a séjourné en Algérie durant trois jours. L'actuel roi de cette région, qui est son petit-fils, Honétogni Banzin, en compagnie des membres de sa famille ont effectué un pélerinage en se rendant à sa dernière demeure. En quête des derniers moments de leur aïeul, cette mission a comme objectifs la préparation d'un colloque international sur la vie et les œuvres de ce souverain à l'occasion du centenaire de sa mort.
Ce dernier est prévu du 8 au 24 décembre 2006 au Bénin. Onzième souverain du royaume de Danxomè, Gbêhanzin est connu pour sa farouche résistance aux troupes coloniales de mars 1890 au 24 janvier 1894, date de sa reddition. Il fut déporté le 11 février 1894 à la Martinique où il arriva avec dix autres personnes constituant sa suite le 30 mars 1894. Jusqu'à sa réedition, Gbêhanzin croyait pouvoir sauver son trône. Son projet était d'aller à Paris négocier directement la paix et l'amitié avec le chef d'Etat français, le président Carnot fit semblant d'accéder à son souhait. Mais c’était pure tromperie. Embarqué donc à Cotonou, le roi est exilé en Martinique où il vécut du 30 mars 1894 au 2 avril 1906. Face aux nombreuses protestations et sa détermination de rejoindre la terre de ses ancêtres, les autorités françaises acceptaient de le transférer en Algérie. Gbêhanzin et sa suite regagnent Blida le 20 avril 1906 à cause de son état de santé sans cesse dégradant. Il meurt à Alger le 10 décembre 1906 à l'âge de 68 ans. Il est inhumé le lendemain au cimetière Saint-Eugène d'Alger. La famille rentre à Kutonu le 8 janvier 1907. "On se souvient encore de lui, de son combat épistolaire en exil où il dénonce à l'opinion internationale les mauvaises conditions de vie qui sont les siennes et réitère à l'occupant français son vœu le plus cher de retrouver la terre de ses aïeux", a expliqué Jean-Roger Ahoy, membre de cette mission et ancien conseiller régional de l'Unesco pour la culture, lors d'une conférence de presse tenue à la Maison de la presse. Placé sous le signe de la paix et de l'unité, ce colloque se situe aussi dans la même mouvance que les recherches historiques ou autres qui revendiquent en France et ailleurs le droit d'inventaire sur la période coloniale. Ce n'est qu'en 1928, après 22 ans d'attente, que sa dépouille fut rapatriée au Dahomey (actuel Bénin) et enterrée à Djimè, dans son palais privé. Sa descendance souhaite qu'un édifice ou une rue porte le nom de ce roi : "Nous aurions aimé que l'Algérie se souvienne de ce roi et que les autorités, qui ont de bonnes relations avec le Bénin depuis des décennies, donne son nom à un édifice ou à une rue par devoir de mémoire", a déclaré Agbidinoukow Constant, son arrière-petit-fils.
Meriem ouyahia



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