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Actualités : CEDEE A 70 DA
Vers l’importation de la pomme de terre ?


Le prix de la pomme de terre pourrait dépasser la barre des 70 DA et atteindre les 90 DA. C’est ce que craint Mustapha Achour, président de la Commission des commerçants des fruits et légumes au sein de l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA). Dans l’état actuel des choses, l’importation de ce tubercule est nécessaire et vitale. Des démarches ont été effectuées par des importateurs dans ce sens.
Meriem Ouyahia - Alger (Le Soir) - D’ici une quinzaine de jours, la pomme de terre pourrait nous parvenir de Hollande et de France. C’est ce qu’a indiqué le président de la Commission des commerçants des fruits et légumes en se basant sur ses contacts avec des importateurs. Ces derniers qui se sont déjà rendus chez ces pays européens pour s’approvisionner en semences tâtent le terrain. Pour cet opérateur du circuit de distribution, cette solution extrême est inévitable. “Trois importateurs originaires de Blida et très connus sur la place activant depuis une quinzaine d’années dans ce secteur pourront en importer. Ceci s’ils ne rencontrent pas d’obstacles”, at- il affirmé. Insistant sur l’urgence de cette démarche, Mustapha Achour souligne : “Le prix de la pomme de terre va encore augmenter encore plus après l’Aïd El Fitr. Il ne faut pas oublier que les restaurateurs, les gargotiers et autres opérateurs de la restauration rouvriront leurs portes”, la demande ne serait que plus accrue sur ce tubercule connu dans le temps comme étant l’aliment des pauvres. Faisant un pronostic, il dira que son prix pourrait atteindre les 90 DA. Qualifiant la décision de son importation de “sage”, le président de la Commission des commerçants des fruits et légumes expliquera : “Les besoins exprimés sur le marché national pourraient être satisfaits.” A cela s’ajoute la voracité des spéculateurs qui feront en sorte de prendre une grande part de bénéfice. Ainsi, l’encouragement correct de l’importation de la pomme de terre assurera la disponibilité du produit sur le marché, et contribuera à la baisse des prix en attendant que la production nationale retrouve son équilibre. Concernant la production de Mostaganem attendue pour la minovembre, cet opérateur du circuit du marché de gros notera : “Elle sera loin d’être suffisante pour les 48 wilayas qui languissent ce légume.” Il soulignera un détail de taille lié à la spécificité de cette pomme de terre produite à Mostaganem. Selon ses termes, elle ne peut se conserver plus de deux jours. “Elle est inadéquate pour les administrations car elle doit être consommée sur-le-champ.” A retenir que l’Algérie avait enregistré, en 2005, une surproduction de pomme de terre évaluée à près de 500 000 tonnes. Pour rappel, dans notre édition datant de décembre 2005, il a été fait état de cette flambée des prix. Elle est due essentiellement à la cherté des semences (entre 60 et 70 DA le kg). La cause est l’entrée en vigueur de l’arrêté du 25 janvier 2005 qui définit, entre autres, les normes phytotechniques et phytosanitaires relatives à l’importation de semences de pomme de terre. Le nombre de tubercules doit être compris entre 700 et 800 par sac de 50 kilos. Or, les importateurs de semences, qui passe commande plusieurs mois à l’avance auprès de leurs fournisseurs, n’ont pas été prévenus de l’application de cette nouvelle réglementation. Ce qui a conduit à ce que l’aliment du pauvre devienne celui du riche.
M. O.

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