Dimanche 22 Octobre 2006
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Régions Centre : TIPASA (KOLEA)
Mohamed Sana, le chahid syndicaliste de la Mitidja


Le mouvement associatif de la ville de Koléa compte marquer de son empreinte la commémoration du cinquantième anniversaire (mai 1957 – mai 2007) de la mort du chahid Sana Mohamed dit Tahar. Personnalité connue de la région, feu Sana Mohamed, né le 19 juillet 1906 à Koléa, fut un militant valeureux voire le porte-voix des opprimés de sa région durant la période coloniale.
Issu d'une famille modeste, il a réussi grâce à sa clairvoyance et à son esprit vif à se frayer une place importante dans le monde syndical de son époque. Dès son jeune âge, il découvre les vertus du militantisme syndical. Au sein de la Confédération générale des travailleurs (CGT), il a fait ses premiers pas dans la pratique syndicale en s'engageant dans la défense des déshérités et des travailleurs opprimés. Parfait bilingue et excellent orateur, le chahid Sana multipliait ses sorties chez les travailleurs, en leur expliquant l'importance de l'action syndicale. Des activités qui lui ont valu des postes de responsabilité dont celui d'élu conseiller général du département d'Alger. Une responsabilité qu'il occupa jusqu'à son arrestation et son internement au bagne de Cayenne en Nouvelle-Calédonie. Sa libération intervient au lendemain de la victoire du Parti communiste français (PCF) aux législatives des années trente. Aussitôt, il reprend le militantisme en réinvestissant de nouveau le champ syndical. Sa détermination à défendre l'idéal syndical lui a valu la reconnaissance du journal le Travail. Un hebdomadaire des syndicats confédérés d'Algérie anciennement connu sous l'appellation de l'Algérie Ouvrière. En cette période très riche en actions syndicales, il a côtoyé les Larbi Bouhali, feu Lakhdar Kaïdi, Abdelhamid Benzine, Rachid Delibey et tant d'autres personnalités historiques et syndicales de son époque. La disparition de Sana Mohamed dit Tahar a eu lieu en mai 1957. C'est à quelques mètres de chez lui, qu'il tomba héroïquement sous les balles assassines du colonialisme. Des parachutistes, venus l'arrêter, n’ont pas hésité à ouvrir le feu sur lui, non sans avoir opposé une résistance farouche à ses agresseurs. Dans sa ville natale, on compte faire du cinquantième anniversaire de sa disparition un événement majeur. Les sections syndicales locales de l'UGTA seront appelées en cette occasion à prendre part à la célébration de cet historique qui a contribué au même titre que les anciens de l'UGTA à l'image de Aïssat Idir à donner naissance à la toute puissante centrale syndicale.
A. B.

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