Il s’agit des éléments de la Gendarmerie nationale de la compagnie de Ghriss qui a compétence territoriale sur 4 daïras, soit 11 communes situées dans leur ensemble en zone rurale et dont la population est estimée à 100 000 habitants environ. Le territoire d’intervention est vaste et durant les nuits de mercredi et jeudi, nous l’avons quelque peu sillonné puisque nous avons été conviés à ces deux sorties nocturnes s’inscrivant dans le cadre de la lutte contre la criminalité. D’emblée, le commandant de compagnie, le capitaine Mourad Ghorab, nous déclare que chaque territoire où évolue la gendarmerie a ses propres spécificités. En cette occasion, les brigades se sont bien sûr jointes aux opérations. Ici, nous apprenons que les interpellations opérées sont surtout relatives aux CBV ou autres différends familiaux. Ghriss et ses environs sont apparemment épargnés par le grand banditisme. Après le f’tour, nous rallions Ghriss à partir du groupement de Mascara et nous quittons ensuite le siège de la compagnie vers 20 h en direction de Aïn-Fekan. Plusieurs véhicules sont de la sortie ; arrivée devant un café, là deux personnes tentent de se faufiler, mais seront vite rattrapées. Un autre jeune tente de se débarrasser d’un couteau à cran d’arrêt. Des armes blanches seront d’ailleurs saisies, des contrôles d’identité sont effectués ainsi que des fouilles corporelles et l’on s’y soumet sans accrocs. Des vérifications d’identité seront opérées plus tard pour ceux qui ont été embarqués et qui ne sont pas porteurs de CNI. Les cafés font le plein après la rupture du jeûne. Nous effectuons un tour dans le village et un autre établissement est contrôlé, à l’intérieur l’on s’adonne aux jeux de cartes ou aux dominos alors que devant le poste télévision, des jeunes sont branchés sur le match de Champions League opposant Chelsea à Barcelone, le passage des gendarmes n’est pas une surprise puisque ce genre de sorties se fait régulièrement, nous déclare-t-on. Il s’agit au demeurant d’assurer la présence pour dissuader certaines pratiques, nous déclare le commandant de compagnie quand nous reprenons la route. Il insiste ensuite sur l’aspect préventif, car dit-il ceux qui portent sur eux des armes blanches peuvent en faire usage sitôt qu’il leur arrive de consommer des psychotrophes. Donc autant de couteaux saisis, autant de risques éliminés. A 21h15 nous faisons une halte au carrefour de la RN6 et du chemin de wilaya n° 12. La circulation est dense avec beaucoup de camions, autocars ou autres véhicules de transport collectif qui se dirigent vers Saïda ou le Sud ainsi que vers Sidi-Bel-Abbès. Des contrôles de police de la route ont eu lieu ainsi que ceux relatifs à la police économique avec des contrôles de marchandises transportées et documents y afférents. Ici même un kilo de kif a été saisi précédemment. Le barrage est levé vers 22h30, nous sommes à Zelaga à 23h45 après un crochet par Matmore. Un véhicule suspect est signalé et des recherches sont alors organisées. Il est établi que dans cette zone sont signalés ça et là des visiteurs nocturnes qui n’ont pour but que de voler aux fellahs les moteurs utilisés dans les puits d’eau. Parfois, ils ne dérobent que des pièces indispensables. Nous retournons à Ghriss où des cafés sont encore ouverts. La nuit est calme et la pluie a cessé alors que des trombes d’eau s’étaient abattues sur les environs alors que nous nous trouvions à Matmore. Dans son bureau, le commandant de compagnie dresse le bilan de la soirée en recoupant d’autres informations transmises par d’autres brigades. Il est établi par la saisie de dix armes blanches et autant d’interpellations. Dix vérifications d’identité ont été opérées alors que 100 personnes ont fait l’objet de contrôle. Côté police de la route, ce sont 42 véhicules qui ont été contrôlés et ceci s’est traduit par le recensement de deux infractions d’assurances et deux autres relatives au carnet de bord. 15 conducteurs ont fait l’objet d’amendes forfaitaires. Nous prenons alors congé des gendarmes que nous avions accompagnés à 2h10 du matin et rendezvous est pris pour le lendemain. Jeudi, c’est la deuxième étape et après avoir tenu un briefing d’un quart d’heure avec ses éléments, le capitaine Ghorab donne l’ordre de se diriger vers Oued- Taria. Avant d’y arriver, un contrôle est effectué dans un café à la sortie de la ville. De nombreuses mobylettes sont là appartenant à des jeunes venus de douars voisins pour une longue soirée ramadhanesque, une trentaine de personnes sont contrôlées et c’est RAS, 3 jeunes ne sont pas en possession de leur CNI. Après s’être assurés que ce sont des citoyens sans histoires, ils sont libérés. Après un rapide tour dans la localité nous nous dirigeons vers Benian, une commune de 5000 habitants. Le P/APC, qui se trouvait sur les lieux, vient saluer les gendarmes. L’on se félicite de ces opérations de routine qui rassurent les citoyens. En empruntant le chemin de wilaya n° 15, nous n’avons pratiquement pas croisé de véhicules. Dans le café du village, on l’on s’est assurés qu’il n’y avait apparemment pas de problèmes, beaucoup de jeunes étaient là pour se distraire autour d’un billard. Nous poursuivrons plus tard notre trajet vers Aouf, le chef-lieu de daïra, là il y a moins d’effervescence et l’on apprend que tout le monde rentre chez soi après la prière des taraouih. Additivement aux missions qui leur sont dévolues, les gendarmes, compte tenu de la spécificité agricole de la région agissent aussi sur un autre terrain. Ils traquent ceux qui s’adonnent à l’irrigation par les eaux usées, les pompages et forages illicites. Durant ces deux nuits, des opérations de reconnaissance ont eu lieu à proximité d’oueds ou sur des terres. Ce jeudi, vers minuit trente, nous arrivons à proximité de oued Ouizert près de Aïn-Fekian qui véhicule les eaux venant de la wilaya de Saïda et qui finissent dans le barrage de Ouizert. Avec le silence qui règne, nous entendons l’eau qui traverse l’oued que les gendarmes longent à pied pendant un long moment à la recherche d’un éventuel pompage illicite. Plus tard, un barrage sera installé au carrefour de la RN6 et du chemin de wilaya n°3 vers Aïn-Fekian, la circulation est moins dense en cette nuit de Leïlat el Qadr. A notre retour à Ghriss, l’on nous communique le bilan de cette deuxième soirée qui a donné les résultats suivants : 80 contrôles d’identité, 18 identifications, 6 armes blanches saisies et deux personnes interpellées en possession de 1,2 et 1g de kif destiné à la consommation. Ce sont donc 8 personnes qui ont été interpellées dans le volet code de la route. Huit infractions ont été enregistrées alors que les amendes forfaitaires étaient au nombre de 31. D’autre part, 5 retraits de permis de conduire ont été effectués. M. Meddeber gendarmes
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