Le divorce Saâdi - Ghoualmi est définitivement consommé ! C’est du moins les propos qui nous ont été tenus téléphoniquement, au milieu de la nuit, par le coach lui-même, un coach révolté par la déclaration de Med Ghoualmi, président du club, dans les colonnes d’un confrère. Noureddine Saâdi est aujourd’hui persuadé que le président du CSC a besoin d’un fusible pour désamorcer la crise dans laquelle baigne l’équipe et plus précisément lui-même. Il nous livre ciaprès ce qu’il a enduré au CSC depuis son arrivée.
Le Soir : Nous sortons d’un entraînement nocturne du
CSC où vous avez brillé par votre absence ?
N. Saâdi : Pour quelle raison devrai-je venir après
les propos incendiaires tenus par Ghoualmi à mon endroit. Je considère que la
relation est rompue et quand je dis rompue, c’est lui qui en est à l’origine
unilatéralement. Par ailleurs, sachez que pour l’éthique et par souci de
déontologie, j’ai donné toutes les instructions relatives à la conduite de
cette séance à mon adjoint (Boufenara).
Est-ce à dire que vous n’êtes plus au CSC
définitivement ou bien que vous allez attendre de rencontrer Ghoualmi pour
discuter de la situation les yeux dans les yeux et faire le point de la
situation ?
Non, très franchement pourquoi rencontrer une personne dont
j’ai amorti à chaque fois les coups qui lui étaient destinés en maintenant
la sérénité dans le rang des joueurs. Il est de notoriété publique que si
les joueurs ne sont pas payés et ils ne le sont pas effectivement, ce n’est
très certainement de ma faute. Or, il trouve toujours le moyen de ramener,
comme pour me discréditer, tout différend à des considérations financières
m’endossant presque l’habit du parfait syndicaliste. Maintenant s’agissant
de la poursuite de mes activités au CSC, je crois qu’il n’est plus question
d’en parler et je ne vous cacherai pas que j’ai été le premier entraîneur
à être contacté par Menadi ces derniers temps. Mouassa peut en témoigner
puisqu’il était avec moi lors de cette première prise de contact. J’ai
toutefois réservé ma réponse au lendemain de l’Aïd.
On dit ici et là que Ghoualmi n’est pas chaud pour vous
garder mais il veut que vous partiez de vous-même pour vous obliger à
restituer un tropperçu financier ?
Depuis que je suis au CSC, je n’ai été payé que pour ce
que j’ai réalisé et je mets au défi Ghoualmi d’apporter ne serait-ce qu’un
seul argument contradictoire à mes propos.
Est-ce que quelque part, Saâdi ne s’est-il pas
dévalorisé en entraînant le CSC, preuve en est le parcours catastrophique d’une
équipe prématurément étiquetée d’accédant ? Sinon, nous vous reposons la
question autrement. Saâdi ne s’est-il pas trop habitué à n’entraîner que
des équipes financièrement et matériellement aisées ?
Très sincèrement, je ne crois pas m’être dévalorisé en
prenant le CSC qui est un grand club. J’évacue totalement cette idée selon
laquelle je n’entraîne que les équipes financièrement à l’aise… Sauf
qu’il est légitime de travailler avec une équipe qui a les moyens de sa
politique et non qui pratique la politique de ses moyens. Et de moyens,
excusez-moi, le CSC n’en a pas. De fait, je ne pouvais trop exiger de joueurs
qui n’étaient pas payés, qui venaient à l’entraînement démobilisés
depuis la quatrième journée. Comble de l’ironie, le président persiste et
signe en refusant de les payer sinon de le faire d’une manière
discriminatoire pour certains seulement.
Et en conclusion ?
Vous savez, moi ce… Ghoualmi, je l’ai vraiment couvé à
mon arrivée au CSC et je n’ai pas arrêté de l’aider. Paradoxalement, il
ne s’est pas suffi de me brimer devant les joueurs, voire d’en monter
certains contre moi, il me poignarde dans le dos en m’imputant tous les
déboires du club. Ce n’est pas honnête et ce n’est pas juste. L’avenir
confondra celui qui abusé de la confiance de l’autre. Propos recueillis par
Adlane B.
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