Jeudi 26 Octobre 2006
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Actualités : KALACHNIKOVS ET PISTOLETS POUR L'AID
Les enfants s’arment


Parés de leurs plus beaux atours, les enfants étaient aussi munis de leurs plus lourdes munitions. La fête de l’Aïd El Fitr a été l’occasion pour eux de s’affronter à "armes" égales. Finis les ballons gonflables, les sifflets, les billes et les toupilles d’antan. De nouvelles coutumes ont été, vite, adoptées ces dernières années par nos bambins. En plus du fait qu’ils passent plusieurs heures au cybercafé en jouant aux guerriers virtuels, ils peuvent s’y exercer dans la vraie vie.
De véritables armes de pointe ont été en effet vendues ces jours de fête. Inconsciences des parents, caprices des enfants et autres explications avancées, la réalité est amère. Certains des bambins munis de fusils dernière génération rappellent les sinistres années qui ne sont pas aussi loin que ça. Proposés par les marchands ambulants durant les deux jours de fête et bien avant, les enfants se sont donnés à cœur joie en achetant ces "jouets", qui ne le sont que de nom. De petits blindés et des camions militaires à 150 DA, des pistolets automatiques à 200 DA, des kalachnikovs à 300 DA. Ceci, sans oublier leurs munitions. Tout leur argent accumulé par les dons des aînés y passe. Un véritable budget englouti pour l’achat de ces gadgets aussi dangereux et parfois avec la bénédiction de leurs parents. "A peine aije fini d’habiller mon fils qu’il est sorti avec les 300 DA que je lui ai donnés filer acheter une kalachnikov chez le marchand d’en face", a raconté Farah, une jeune maman impuissante devant l’insistance de son fils âgé d’à peine huit ans. "Je ne peux pas le lui refuser. Tous les enfants en achètent", tente-t-elle d’expliquer. Beaucoup de parents sont dans le même cas. Tout en détestant le jouet désiré par leur progéniture, ils consentent à l’acquérir et à laisser faire. Courant entre les voitures et ne faisant pas attention aux parties du corps visés du visage, les enfants se tirent entre eux en tout aventurisme. Et scandant des slogans rappelant de mauvais souvenirs. Des bagarres éclatent, car chacun d’entre eux essaie de tirer le plus possible et de faire mouche. Pis encore, certains enfants ont carrément remplacé les billes de leurs munitions par de petites pierres. Ce ne sont plus de simples jouets. Ils sont carrément transformés en engins de guerre. "Les carreaux de mes vitres ont éclaté en mille morceaux, car des enfants ne cessaient de nous tirer dessus", se lamentait lundi dernier une mère de famille. Des jouets ayant conduit à certains moments à des accidents graves. La conscience de tout chacun est interpellée. De surcroît, la loi interdit la vente de ce genre de produits. L’importation, la détention, l’exposition à la vente ou la distribution, à titre gracieux ou onéreux, de tous les jouets assimilés à des armes à feu, pouvant lancer des balles, des fléchettes ou des liquides sont strictement interdites par la législation en vigueur. Cependant, comme pour les pétards, un circuit informel avec ses entrées les commercialise presque légalement et ce, en toute quiétude.
Meriem Ouyahia

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