Après la Graphie de l’horreur, essai consacré exclusivement à la littérature de l’urgence, l’écrivain, journaliste, universitaire et essayiste, Rachid Mokhtari, revient avec un nouvel essai à travers lequel il jette un regard sur la production littéraire du début des années 2000. Intitulé le Nouveau Souffle du roman algérien, l’auteur revient sur la façon avec laquelle les “jeunes écrivains” ont traité, à travers leurs œuvres romanesques, la décennie de terrorisme. Dans l’introduction, l’auteur s’interroge : “Quelle place accordent-ils (les nouveaux romanciers) à la tragédie terroriste, autrement dit à cette littérature de l’urgence qui s’est manifestée dans la décennie écoulée ? Les préoccupations esthétiques (architectures narratives) prévalent-elles sur le témoignage romancé ?” Lors de la rencontre organisée à la librairie Chihab la semaine dernière, l’auteur a essayé de répondre, en diagonale, à toutes ces interrogations. “Dans cette analyse, j'ai rompu avec la tradition de la critique littéraire qui s'est arrêtée aux fondateurs du roman moderne maghrébin tels que Mouloud Feraoun, Mohamed Dib, Mouloud Mammeri, etc.”, a indiqué Rachid Mokhtari. Pour lui, ces “fondateurs sont toujours là. Ce sont des repères mais il existe bien non pas un héritage littéraire mais des ruptures par rapport aux fondateurs et c'est ce que j'ai voulu montrer”. “Les auteurs des années 2000- 2005 sont de jeunes écrivains qui n'ont pas un seul style. Chacun a une individualité esthétique, c'est-à-dire dans la manière de construire le texte”, a-t-il souligné tout en relevant la prédominance de la subjectivité dans leurs œuvres. “Ces nouveaux venus à la littérature ne sont pas représentatifs d'un courant politique ni idéologique et viennent de plusieurs horizons”, a-t-il dit à propos de ces écrivains qui ont “une autre manière d'appréhender l'écriture”. “Aucun auteur ne ressemble à un autre”, a relevé Rachid Mokhtari. Celui-ci estime, en outre, que les préoccupations majeures des jeunes générations d’écrivains sont d’ordre purement esthétique. La thématique se trouve de ce fait quelquefois mise au pied du mur. “Leurs personnages ne sont pas construits selon les canons classiques”, a expliqué l'orateur qui a englobé dans son étude à la fois des écrivains francophones et arabophones. Rachid Mokhtari a mis en garde, par ailleurs, que dans son essai il s’est limité uniquement aux textes d'écrivains algériens qui résident en Algérie. Il a souligné, en ce sens, que ce choix a été fait sciemment estimant que “le cadre, le contexte historique dans lequel on écrit infère sur la production”, a-t-il souligné précisant qu'il ne fait pas de l'histoire littéraire mais de l'anthropologie littéraire. Hakim C.
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