Le piratage des œuvres artistiques et intellectuelles a occasionné, en 2005, des pertes dépassant les 600 millions de DA au niveau national, a affirmé le directeur général de l'Office national des droits d'auteurs et droits connexes (ONDA), M. Hakim Taoussar. Intervenant au forum de la chaîne culturelle de la Radio nationale, M. Taoussar a indiqué que le piratage qui a touché pratiquement à toutes les œuvres artistiques et intellectuelles a occasionné, rien qu'en 2005, des pertes énormes estimées à “333 millions de DA pour la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), à 138 millions de DA pour la taxe sur l'activité professionnelle (TAP), et à 207 millions de DA pour les droits d'auteurs”. Secondé par les services de sécurité, l'ONDA a procédé en 2005 à la saisie de 312 751 supports électroniques piratés, a souligné M. Taoussar, précisant que ses services qui comptent 45 agents assermentés sont désormais assistés des services de sécurité, après avoir fait l'objet d'agressions lors de leur travail. Au vu des difficultés rencontrées dans le contrôle des marchés parallèles estimés à une “trentaine au niveau national”, l'ONDA a proposé, selon son directeur, la création d'une “commission nationale relevant de la chefferie du gouvernement, qui se charge de cerner les lacunes juridiques et pratiques de la lutte contre ce fléau”, en vue de la rendre plus efficace. Même les livres et les timbres poste n'ont pas été à l'abri du piratage, a déploré Taoussar, rappelant que ses services ont procédé “à la saisie d'un important lot de timbres falsifiés après les avoir soumis au contrôle de la Banque d'Algérie, chargée de leur émission”. L'Office a, par ailleurs, rassemblé et répertorié plusieurs recueils du patrimoine national traditionnel, dont “huit noubas du patrimoine classique andalou, 514 poèmes et 90 chansons du patrimoine musical amazigh, 88 recueils du patrimoine bédoui et 177 recueils du patrimoine musical châabi”. Outre cette mission, l'ONDA, créé en 1973, se charge aussi de protéger les créations algériennes au plan international, a expliqué M. Taoussar qui a rappelé que l'Office a adhéré à “37 conventions internationales sur la protection de la propriété intellectuelle”.
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