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Ben Bella offre le MDA à Kebir.
Cé pas franchement un kado !
Lors de la présentation des vœux à Abdekka, dans l’enceinte de la Grande
Mosquée, le premier jour de l’Aïd, j’ai remarqué un truc bizarre. Une
énigme que je ne suis pas arrivé à résoudre tout de suite. Dans la file des
personnalités attendant d’embrasser le chef de l’Etat, y avait deux
ambassadeurs du Soudan ! Du moins, deux mecs portaient la tenue «officielle»
des dignitaires soudanais, le kamis très près du corps et l’espèce de
chèche blanc enroulé autour de la tête, à la Tourabi. J’ai passé deux ou
trois coups de fil à des potes versés dans les questions diplomatiques et de
protocole, et ils ont été catégoriques : il est impossible qu’un pays soit
représenté à ce genre de manifestations par deux ambassadeurs. J’ai
raccroché, encore plus interloqué. Mais alors, si le gars habillé en
soudanais n’était pas soudanais, qui était-il ? Plus intrigant encore, l’homme,
ou du moins ce qui s’en devinait sous cette tenue, ne faisait pas partie de la
vague des diplomates dont les bouches se succédaient sur les joues de Abdekka.
Non ! Lui était de la vague algérienne des «bousseurs ». Fallait-il alors en
conclure qu’un Algérien, fort habilement déguisé en Soudanais, avait
réussi à se glisser dans cette cérémonie et était sur le point d’approcher
le président, notre cher et bien-aimé président ? Cette seule pensée, cette
éventualité me glaça le sang. Bon Dieu ! Le chef de l’Etat est en danger,
à la merci d’un inconnu, très certainement armé et sur le point de passer
à l’acte ? N’écoutant que ma fibre patriotique, réagissant au quart de
tour de mon nationalisme, ne tenant compte que du score formidablement
plébiscitaire de la dernière présidentielle, j’ai repris mon téléphone et
j’ai appelé le photographe du Soir que je voyais en direct, à la télé
couvrant la cérémonie :
— Allô ! Samir. C’est moi, Hakim. Faut que tu avertisses les mecs de la
sécurité. Y a un gus déguisé en Soudanais qui va tenter de s’approcher du
raïs.
— Une personne habillée en Soudanais ? Où ça ?
— Sur ta droite, là, à moins d’un mètre.
— Celui qui est à côté de Bensalah et de Saâdani ?
— Ouuuuuuuuuuuuui ! Voilà ! C’est lui ! Avertis la garde. Crie.
Plaque-le au sol. Ecrase-lui ton appareil sur la figure, mais fais quelque chose
avant qu’il ne commette l’irréparable
— Hakim, t’es sûr que ça va ?
— Euh… ouais, pourquoi ?
— Parce que le gars en question, effectivement habillé à la
soudanaise, c’est tout bêtement Belkhadem, le chef du gouvernement de la
RADP. Allez, t’es gentil Hakim, tu me laisses bosser, j’ai encore des
clichés à prendre. Et puis, comme tu sembles fatigué, un brin parano, un
conseil, fume du thé pour rester éveillé, ton cauchemar continue.
H. L.
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