Actualités : ACCUSE DE NON-ASSISTANCE A PERSONNE EN DANGER
Un médecin de l’hôpital de Thenia objet d’une plainte pénale


M. Kader Mohamed, citoyen de la wilaya de Boumerdès, qui vient de perdre sa mère âgée de 71 ans, a porté plainte auprès du commissariat de police de la ville de Thénia (w. de Boumerdès) contre le médecin Z. M. S. Le praticien était de garde à l’hôpital, de la même ville où est décédée Mme Kader Fatma dans la matinée du 12 octobre 2006 à 11 heures 20.
Pour le défendeur, qui est décidé à aller jusqu’au bout de son action, il ne subsiste aucun doute : “ce médecin s’est conduit d’une manière irresponsable et avait délaissé la défunte sans soins alors qu’elle souffrait”, clame-t-il avant de préciser que sa démarche ne vise ni l’hôpital ni les corps médical et paramédical en activité lors de l’admission de sa mère. Après des va-et-vient incessants durant deux jours entre l’hôpital de Thenia, le cabinet du médecin traitant domicilié à Boudouaou et divers laboratoires et services de radiologie de la région, la défunte avait été admise dans l’après-midi du 11 octobre 2006 au service chirurgie de cet établissement hospitalier. Ce service aurait, quelques heures après, aux dires de l’accusateur, transféré la malade en médecine générale pour un bilan approfondi avant l’opération. “Dans la nuit, vers 23 heures, ce médecin qui avait traité son confrère de bourricot pour avoir fait admettre la malade, m’avait sommé de faire sortir ma mère. A ma demande, il avait refusé de le faire par écrit. Une consœur avait refusé également d’agréer cette sortie. Ce généraliste qui était de garde a abandonné par la suite la malade sans soins”. Malheureusement, quelques heures plus tard (le 12 octobre à 11 heures 20) un médecin assurant la relève de la garde a établi un constat de décès. Le jour même de la visite de M. Kader dans notre bureau, nous nous rendîmes à l’hôpital de Thenia pour essayer d’en savoir plus. Le médecin incriminé avait pris, selon le personnel que nous avions questionné, un congé. Le directeur de l’établissement, quant à lui, s’est contenté de nous dire brièvement “puisqu’il y a plainte, le fautif sera éventuellement sanctionné.” De son côté, le docteur Naâmani directeur de la santé de la wilaya de Boumerdès, sitôt informé, avait convoqué et écouté le fils de la défunte. Par la suite, il a, d’après nos informations, diligenté une commission d’enquête qui s’est déplacée pour, d’une part se pencher sur les causes du décès et étudier, d’autre part, les conditions de la prise en charge de la malade. Suivant la procédure en cours dans le secteur de la santé, le directeur de la wilaya aurait avisé sa tutelle, le ministère de la Santé en l’occurrence. Hormis ce que découvriront les policiers et les suites qui seront réservées par la justice à cette affaire, des sanctions administratives, nous dit-on, ne sont pas exclues. Par ailleurs, sans présager sur l’aspect médical de cette affaire qui est, tout le monde en convient, du ressort de la corporation, force est de constater tout de même que l’action publique de M. Kader est exemplaire dans la mesure où ce citoyen défend tout simplement le droit de sa famille à être prise en charge dignement dans un service public. De plus, elle démontre qu’il n’est pas essentiel d’être téméraire pour se révolter légalement contre certains responsables tapis dans les rouages des administrations et qui font subir leur despotisme aux citoyens que nous sommes. La justice, une fois harcelée par le nombre, finira nécessairement par réagir.
Abachi L.



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