
Périscoop : BAZOOKA BOURSES ET BOURSES PAR MOHAMED BOUHAMIDI mbouhamidi2001@yahoo.fr
L'économie peut ressembler à l'astrologie et avoir ses mauvaises conjonctions : la rentrée scolaire, suivie du mois de jeûne puis de l’Aïd el-Fitr. Dépenses sur dépenses. Cela soulage sérieusement votre bourse, et entre les cartables, les souliers, les pommes de terre devenues mesdames les pommes de terre, puis de nouveau les vêtements de la fête, l'argent a filé vite. Au bout du compte, la joie des enfants à exhiber leurs habits neufs, leurs sous au bout des doigts et leurs jouets à bout de bras vous soulage. On ne regrette pas de les avoir dépensés ces sous au vu de leurs sourires. Eux n'ont pas encore conscience de ces sous. Leurs grands frères ou cousins étudiants commencent à en peser la valeur. Et à revoir les chiffres du gouvernement… Quelle institution a triomphalement calculé qu'il n'y a en Algérie qu'un million et demi de pauvres et qu'un pauvre se reconnaît à un revenu inférieur à un dollar/jour. Cette institution et le ministère des couffins ont-ils intégré dans leurs calculs les étudiants ? Avec trente dinars/jour, soit le prix d'une tranche de pizza ou encore 0,40 dollar/jour, ils sont très bas en dessous de ce seuil de pauvreté. Recevoir 900 DA/mois et en dépenser 600 pour un polycopié, soit environ 4000 DA par an. Bien sûr, le gouvernement va parler du prix du repas à 1,20 DA. Rappelonslui le prix du transport entre la maison familiale et les centres universitaires. A moins que le pouvoir ne considère les étudiants comme un tube digestif sans autres besoins pédagogiques, culturels, sociaux, affectifs. Ne parlons pas des livres et des revues ! Les divisions d'ordre idéologique servent bien sûr cette politique du pouvoir puisqu’il semble plus important à certaines organisations estudiantines d'empêcher les activités culturelles que de revendiquer le minimum vital à la poursuite des études. Le jour de l'Aïd, les toutpetits comprennent confusément que quelque chose ne tourne pas rond dans les poches du grand frère étudiant. Il est toujours fauché. Avec 0,40 dollar/jour et un ministère des couffins comment faire autrement ? M. B
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