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« Ariel Sharon. Son médecin traitant vient de … »
…décéder
L’Alliance présidentielle se réunit aujourd’hui. Et
pour une fois, ce n’est pas l’ordre du jour de cette réunion qui m’intéresse.
Ce n’est pas non plus ce que se diront les trois « leaders » de cette
coalition. Ce ne sont pas également les propositions qu’ils avanceront. Non !
Rien de tout cela. J’attends de les voir, tous les trois, Abdelaziz II, H’mimed
et l’Exorciste, réunis pour la photo, pour la poignée de mains. Bien sûr qu’il
n’y a aucun suspense, qu’ils souriront de toutes leurs dents, qu’ils se
serreront les pognes jusqu’à se les arracher et qu’ils se bourreront de
tapes dans le dos en signe «d’Alliance», en gage d’entente cordiale. Mais
même si c’est couru d’avance, même si la photo, je la vois déjà d’ici,
je ne peux m’empêcher à chaque fois de m’extasier devant l’art de ces
trois là de donner à voir leur bonheur d’être ensemble, alors que tout le
monde sait qu’ils ne peuvent pas se blairer, que s’ils en avaient la
possibilité, ils s’étriperaient, que s’ils le pouvaient, ils s’effaceraient
mutuellement de la surface de la terre, et que s’ils en avaient un à portée
de main, ils se planteraient un poignard dans le dos, bien centré entre les
omoplates pour ne pas avoir à répéter le geste. A qui veulent-ils encore
faire croire aujourd’hui qu’ils sont une Alliance ? Même un nourrisson, un
mioche en couches pleurerait d’effroi devant les sourires de ces trois-là. A
côté des embrassades entre Abdelaziz II, H’mimed et l’Exorciste, la scène
finale du film « Le Bon, la Brute et le Truand », l’interminable et épique
duel de fin avec les gouttes de sueur qui dégoulinent sur les joues de Sentenza
(Lee Van Cleef), les tics nerveux qui agitent le visage de Tuco (Eli Wallach) et
le machouillage de cigarillo dans la bouche de Blondin (Clint Estwood)
passeraient pour un épisode champêtre et bucolique de «La petite maison dans
la prairie». A la limite, il ne m’importe même plus de savoir qui va abattre
l’autre le premier, qui flinguera l’autre plus vite et qui s’alliera au
deuxième pour assassiner le troisième, en attendant d’en finir à deux. A ce
niveau-là de cupidité et de duplicité, c’est devenu accessoire, secondaire
et futile. L’essentiel étant le côté bouffon et franchement faux cul d’un
assemblage de tueurs, d’un patchwork d’ennemis mortels obligés un temps,
encore un temps de poser ensemble sur la même photo. C’est cela que je trouve
immense. Tellement immense que j’en fume du thé pour rester éveillé, le
cauchemar continue.
H. L.
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