Lundi 13 Novembre 2006
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Actualités : NICOLAS SARKOZY AUJOURD'HUI ET DEMAIN A ALGER
Terrorisme et immigration clandestine au menu... mais pas seulement
De notre bureau de Paris, Khadidja Baba-Ahmed


De quoi discutera Nicolas Sarkozy, ministre d’Etat français, ministre de l’Intérieur et de l’Aménagement du territoire, qui effectue aujourd’hui et demain une visite dans notre pays, en réponse à une invitation de son homologue algérien ? De la lutte contre le terrorisme et contre l’immigration clandestine et de la circulation des personnes ; ce sont là les trois points inscrits officiellement au menu de ce déplacement qui devait s’effectuer en octobre et qui a dû être retardé, le programme de la partie algérienne ne l’ayant pas permis.
Mais il est clair que ces deux jours de visite du bouillant ministre français seront pour lui l’occasion d’arborer aussi et surtout sa casquette de président de l’UMP et particulièrement celle de futur candidat aux présidentielles de 2007. L’examen du programme de la visite est on ne peut mieux calibré pour que Sarkosy puisse développer deux types de discours. Les entretiens prévus aujourd’hui avec Zerhouni lui permettront de sortir de sa valise, comme un cadeau, les nouvelles mesures d’accélération du traitement des demandes de visa pour les Algériens, mesures qu’il a pris soin de négocier avec l’Union européenne et qu’il tentera de présenter comme une victoire, un cadeau de campagne et qui n’est pourtant qu’un juste retour à la normale et qu’un simple alignement sur les procédures appliquées aux voisins du Maroc et de la Tunisie. C’est aussi un clin d’œil en direction de tous ceux qui s’élèvent contre la politique par trop sécuritaire de Sarkozy et son discours, jusque-là, pour le moins peu respectueux en direction des banlieues et des étrangers qu’il appelait à partir s’ils n’aiment pas la France. A ceuxlà, Sarkozy, futur candidat, veut faire croire que toutes ces diatribes sont du passé, le ministre ayant mis de l’eau dans son vin en cette période où les banlieues, l’immigration, les Arabes et les rapports avec les “anciennes colonies” sont devenues un enjeu électoral aboutissant à des surenchères. Le Sarkozy, qui évoquait d’ailleurs comme un fait de haute victoire la promotion d’un préfet “musulman”, a compris que ce qualificatif accolé au préfet ne lui attirait ni les faveurs de ces “musulmans” qui pourraient voter pour lui, ni celles de ses troupes de droite ou celles à l’extrême de sa droite, ni encore moins les hésitants qui ne veulent surtout pas de communautarisme à l’anglosaxon ni de la religion comme étendard faisant office de compétence. Par ailleurs, dans le programme de visite de ces deux jours, Sarkozy se rendra au “monument des Martyrs”. N’est-ce pas là une façon de faire oublier que l’UMP, son parti, a été à l’origine de la loi du 23 février 2005 et ses conséquences désastreuses sur les relations entre l’Algérie et la France ? Demain, Sarkozy sera reçu en audience par le chef de l’Etat et par le Premier ministre. Les deux responsables algériens ont appelé, tour à tour et Belkhadem pas plus tard encore que dimanche, à ce que “la France reconnaisse les crimes qu’elle a commis durant la guerre de Libération nationale. Que répondra Sarkozy à cela ? Pour le ministre français de l’Intérieur, il y a sûrement un temps pour tout et pour l’instant la repentance n’est pas un sujet inscrit sur ses tablettes. Par contre, ce qui le préoccupe par-dessus tout aujourd’hui, c’est que ses interlocuteurs algériens soient convaincus que le traité d’amitié que devait sceller Chirac, son président et néanmoins adversaire, et Bouteflika était voué à l’échec parce qu’il ne repose sur rien de sérieux, même si chacun sait que pour Sarkozy et plus globalement pour la droite française, c’est plus l’électorat de d’extrême droite qui aurait été perdu aux futures présidentielles, avec la signature d’un tel traité. Ce qui occupe fondamentalement aussi Nicolas Sarkozy, c’est de donner de lui l’image d’un futur grand homme d’Etat qui veut construire une autre France et de nouvelles relations avec les pays du Maghreb ; c’est ce qu’il dira probablement aussi aux Français résidents en Algérie, électeurs non négligeables, qu’il recevra demain lors d’une cérémonie à l’ambassade de France. Rien n’a été négligé dans la préparation de cette visite : ni l’armada de journalistes français qui l’accompagnent dans cette visite qui sera largement médiatisée, ni les artistes dont Faudel, ce qui n’est pas étonnant venant d’un chanteur “folklorique” et la cinéaste Benguigui, ce qui étonne à plus d’un titre. K. B.-A.

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