Lundi 13 Novembre 2006
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LE DROIT CITOYEN DE CHOISIR SES DEBATS !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr
«La visite de Sarkozy en Algérie revêt un cachet particulier.»

Le cachet Schengen

Qu’est-ce qui est le plus intéressant ? De savoir si Abdekka ira ou n’ira pas au bout de son mandat ? Qu’il veut amender la Constitution pour s’aménager un troisième mandat ? Qu’il espère amender la Constitution pour permettre, à travers la nouvelle mouture l’intronisation de son héritier désigné ? Qu’il veut partir la tête haute, dans un immense et éclatant feu d’artifice, inscrivant dans le ciel d’Algérie, en lettres de feu le mot P.O.S.T.E.R.I.T.E ? Je vous avoue ne voir aucun intérêt dans aucune de ces options. Je trouve même fondamentalement inintéressant de savoir ce qui se négocie en ce moment, si négociation il y a, et quelles sont les primes à la re-signature, si rempilage il y a, ou les indemnités de départ, si départ il y a. A un moment donné, les Hommes politiques (femmes et hommes) doivent s’ordonner d’être à la hauteur d’un pays qu’ils n’ont pas toujours mérité. N’étant pas homme politique, je ne peux, dans ce contexte de légitimes inquiétudes qu’exprimer celles d’un citoyen privilégié, parce qu’il a la possibilité d’aligner des phrases dans un quotidien : quel intérêt y a-t-il pour l’avenir de nos enfants à savoir si Boutef’ va partir ou rester si, par ailleurs, les questions de fond ne sont pas réglées ? Et des questions, j’en ai quelques-unes à poser. Quand la République arrivera-t-elle à se doter de garde-fous républicains, donc institutionnels qui la prémuniront du pouvoir personnel ? Quand la République cessera-t-elle de dépendre de réunions dont les participants sont allergiques aux U.V et à la lumière du jour ? Quand la République aura-t-elle des textes de loi, des recours législatifs et des mécanismes institutionnels qui empêcheront pacifiquement un Abdelaziz Belkhadem d’accéder à la tête du gouvernement ou à un quelconque strapontin exécutif, ou à la plus infime des mandatures populaires à la tête de la plus petite des mairies de la RADP ? Quand la République pourra-t-elle se revendiquer de la force de ses lois pour ramener des individus tels que Madani Mezrag, Hassan Hattab, Abassi Madani, Rabah Kébir, Abdelhak Layada ou Ali Benhadj à leurs justes proportions, celles de justiciables, ne pouvant, sur la base de sanctions édictées par la justice souveraine se prévaloir d’un avis, d’une opinion sur l’Algérie, ses enfants et son avenir ? En une question, comme en cent, quand la République cesserat- elle d’avoir les failles, les fragilités d’un système de gouvernance au noir, coopté ? Se dire cela, c’est mettre à nu l’incongruité et la petitesse du débat actuel sur le départ ou non de Boutef. Car à quoi servirait ce départ, si par ailleurs, on nous refile un autre «moins mauvais», plus institutionnellement imprévisible et encore plus rétif que Abdekka au mode de fonctionnement républicain et démocratique ? A rien ! Et quand ça ne sert à rien, c’est plus fort que moi, je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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