Jeudi 23 Novembre 2006
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CHANSON A LA DEMANDE !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Ça va beaucoup mieux pour la presse. La preuve ? Cela fait plus de
3 semaines que …

…Kadhafi n’a pas fait condamner un journal algérien !

Il paraît qu’il faut s’extasier du fait que Belkhadem et Ouyahia disent enfin la même chose à propos de Kebir : «Pas question d’un parti pour Rabah Lallmani !» C’est à peine si l’on ne nous ordonne pas de nous pâmer face à cette alliance nationale baathiste islamiste, H’mimed et Abdelaziz II venant «spontanément» nous annoncer l’enterrement des ambitions politiques de Kebir, les deux compères attendant visiblement que nous les applaudissions pour cette initiative forte et responsable. Désolé si je n’arrive pas à m’extasier. Excusez-moi si je ne bave pas de contentement jubilatoire à entendre le duo Ouyahia-Belkhadem entonner le couplet «Pas de retour du FIS, pas d’activité politique pour Kebir et pas de nouveau parti.» C’est qu’à force d’écouter ces deux maîtres chanteurs-là, j’ai appris qu’ils avaient une facilité déconcertante à interchanger les partitions, à les chambouler, à les chanter de droite à gauche, de gauche à droite, de haut en bas, de bas en haut et même en verlan, si «IL» le leur demandait. «IL», c’est bien évidemment Abdekka. Comment voulez-vous, diable, que j’accorde du crédit à un crooner politique à qui l’on posait l’autre jour la question suivante «êtes-vous pour ou contre la réforme de la Constitution ? » et qui répondait «je suis pour si c’est le président qui la propose » ? Même chose s’agissant de Kebir. Hier encore, Belkhadem lui déroulait un tapis persan sous les pieds, au siège du FLN, quatre heures durant. Et Ouyahia trouvait énormément d’aspects intéressants et positifs dans les premières déclarations de l’Allemand. Et aujourd’hui, abracadabra ! Sus au Kebir ! C’est à qui d’entre les deux, d’entre Abdelaziz II et H’mimed arrachera avec ses dents le plus gros lambeau de peau de l’ancien leader du FIS. Ça pue la chorale professionnelle ! Ça chlingue l’orchestration millimétrée et minutée. En tendant un peu l’oreille, on entendrait presque la baguette de «IL» sur le pupitre, ordonnant, en fonction des moments, des périodes et des deals : «Allegro, messieurs !» «Andante les amis !», ou encore «Quand je donnerai le la, tous ensemble !». Ayons donc la patience d’attendre, de guetter avec un brin de malice désabusée celui des deux ou les deux en même temps qui, dans quelques jours, quelques semaines ou quelques mois nous redira les vertus du dialogue sans exclusive, du pardon, de la porte grande ouverte à tous et du droit de tout Algérien, Kebir en tête de faire de la politique. Je prends le pari. Ça viendra ! Car ça se passe comme ça au pays où la pratique politique ressemble comme une sœur jumelle à l’émission «Chanson à la demande». Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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