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Ça va beaucoup mieux pour la presse. La preuve ? Cela fait plus de
3 semaines que …
…Kadhafi n’a pas fait condamner un journal algérien !
Il paraît qu’il faut s’extasier du fait que Belkhadem et Ouyahia disent
enfin la même chose à propos de Kebir : «Pas question d’un parti pour Rabah
Lallmani !» C’est à peine si l’on ne nous ordonne pas de nous pâmer face
à cette alliance nationale baathiste islamiste, H’mimed et Abdelaziz II
venant «spontanément» nous annoncer l’enterrement des ambitions politiques
de Kebir, les deux compères attendant visiblement que nous les applaudissions
pour cette initiative forte et responsable. Désolé si je n’arrive pas à m’extasier.
Excusez-moi si je ne bave pas de contentement jubilatoire à entendre le duo
Ouyahia-Belkhadem entonner le couplet «Pas de retour du FIS, pas d’activité
politique pour Kebir et pas de nouveau parti.» C’est qu’à force d’écouter
ces deux maîtres chanteurs-là, j’ai appris qu’ils avaient une facilité
déconcertante à interchanger les partitions, à les chambouler, à les chanter
de droite à gauche, de gauche à droite, de haut en bas, de bas en haut et
même en verlan, si «IL» le leur demandait. «IL», c’est bien évidemment
Abdekka. Comment voulez-vous, diable, que j’accorde du crédit à un crooner
politique à qui l’on posait l’autre jour la question suivante «êtes-vous
pour ou contre la réforme de la Constitution ? » et qui répondait «je suis
pour si c’est le président qui la propose » ? Même chose s’agissant de
Kebir. Hier encore, Belkhadem lui déroulait un tapis persan sous les pieds, au
siège du FLN, quatre heures durant. Et Ouyahia trouvait énormément d’aspects
intéressants et positifs dans les premières déclarations de l’Allemand. Et
aujourd’hui, abracadabra ! Sus au Kebir ! C’est à qui d’entre les deux, d’entre
Abdelaziz II et H’mimed arrachera avec ses dents le plus gros lambeau de peau
de l’ancien leader du FIS. Ça pue la chorale professionnelle ! Ça chlingue l’orchestration
millimétrée et minutée. En tendant un peu l’oreille, on entendrait presque
la baguette de «IL» sur le pupitre, ordonnant, en fonction des moments, des
périodes et des deals : «Allegro, messieurs !» «Andante les amis !», ou
encore «Quand je donnerai le la, tous ensemble !». Ayons donc la patience d’attendre,
de guetter avec un brin de malice désabusée celui des deux ou les deux en
même temps qui, dans quelques jours, quelques semaines ou quelques mois nous
redira les vertus du dialogue sans exclusive, du pardon, de la porte grande
ouverte à tous et du droit de tout Algérien, Kebir en tête de faire de la
politique. Je prends le pari. Ça viendra ! Car ça se passe comme ça au pays
où la pratique politique ressemble comme une sœur jumelle à l’émission
«Chanson à la demande». Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar
continue.
H. L.
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