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Culture : SETIF 1945. HISTOIRE D’UN MASSACRE ANNONCE DE JEAN-LOUIS PLANCHE, CHIHAB EDITION (2006)
La fin d'un tabou !


Les macabres et sanglants évènements du 8 mai 1945 ne cessent de revenir au-devant de l’actualité. Ils suscitent même un intérêt accru chez les historiens et chercheurs des deux rives. Et en dépit de tous les écrits, se rapportant à ce massacre, il n’en demeure pas moins qu’il reste encore des non-dits. Et c’est justement de ces non-dits-là que parle l’historien français Jean-Louis Planche dans son livre, Sétif 1945.
Histoire d’un massacre annoncé, paru dernièrement aux éditions Chihab. L’auteur tente tant bien que mal de mettre pleine lumière sur ces sinistres évènements considérés comme une entrave majeure mettant des bâtons dans les roues des relations algéro-françaises. Dans cet essai, de 422 pages, Planche affirme que le nombre de victimes fait par les tirailleurs français est estimé à plus de 30 000 morts. Pourtant, au lendemain de ce massacre, les autorités françaises n’en avaient dénombré que 15 000. En outre, les autorités françaises, et jusqu’à aujourd’hui, s’entêtent à contester le chiffre cité par Jean-Louis Planche. Notons que la mémoire collective donne le nombre de 45 000. S’appuyant sur les archives civiles ouvertes et communiquées par le gouvernement français, en vertu de la loi votée en 1992 et qui stipule qu’elles (les archives) seront librement communicables passé un délai de trente à soixante ans, l’auteur tente de prouver que le gouvernement de l’époque était au courant de toutes les exactions commises par les tirailleurs français contre les manifestants algériens. Comme l’indiquent les archives, dont l’accès est désormais autorisé, les autorités françaises — dont le ministre de l’Intérieur, le gouverneur, les préfets, sous-préfets et administrateurs — avaient les moyens d’éviter une pareille boucherie. Chiffre que la France considère d’invraisemblable et frappe de ce fait d’un revers de la main. Toutefois, Jean-Louis Planche, en bon historien et pour qui la vérité historique doit, en fin de compte, l’emporter sur toute autre considération, remonte le fil des évènements et rapporte des témoignages d’autant plus précieux qu’ils sont susceptibles de nous éclairer sur bien des choses. En effet, à en croire l’auteur, l’ancien préfet socialiste d’Alger, Périllier, qui avait négocié fin mai 1945 avec l’armée le bilan officiel des massacres (1 500 morts), estime en réalité qu’ils ont fait 20 000 à 30 000 morts. Alexandre Chaulet, syndicaliste proche de Mgr Duval, évêque de Constantine puis archevêque d’Alger, parle à l’historien Robert Aron de 30 000 morts. Abstraction faite de ces chiffres, Jean-Louis Planche revient sur les conditions socio-économiques et politiques ayant précédé les évènements du 8 mai 1945. Il rappelle ainsi la grande famine qui rongeait alors les “musulmans”. Il fait également un long aperçu sur la maturité atteinte par le mouvement nationaliste et ses principaux moteurs, à l’instar de Messali Hadj et Farhat Abbès.
Hakim C.
Sétif 1945. Histoire d’un massacre annoncé, de Jean-Louis Planche
422 pages/édition Chihab 2006
Prix 800 DA

Nombre de lectures : 448

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