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«Retour à la politique de Kebir et des anciens du FIS. Il
est catégoriquement contre !»
Le python
J’ai une admiration infinie pour le footballeur qu’a été Rachid
Mekhloufi. J’ai encore en mémoire les bobines de vieux films que l’on se
repassait au ciné club du lycée montrant le Stéphanois slalomant dans les
défenses adverses, leur donnant le tournis et terrassant les plus grands
gardiens de but de la planète d’antan. Plus tard, devenu journaliste sportif,
j’avais, sur les stades et dans les grands rendez-vous, une admiration sans
bornes pour cet homme à l’élégance inouïe, au port distingué et au
sourire éclatant. La veste de coupe très british. Les cols de chemise toujours
impeccables. La chaussure cirée au plus profond du cuir. Le cheveu et le poil
domptés. Le ton modéré. Et avenant, à un point tel que ça en frisait
parfois l’humilité. Mekhloufi est une légende. Et les fois où j’ai eu à
lui tendre un micro pour une déclaration, un avis ou un éclairage, j’en suis
sorti avec la conviction première confortée. C’est une légende. Tout cela,
tout ce préambule pour dire mon choc, le coup encaissé dans ma poitrine
lorsque j’ai lu ce jeudi, en page 24 du quotidien El Moudjahidque Rachid
Mekhloufi venait d’être désigné «commissaire au match Mali-Burkina Faso
des moins de 17 ans». Peut-être que je m’émeus pour pas grand-chose. Peut-être
que je suis encore trop scotché à l’image de la légende pour admettre qu’un
dieu vivant du football (je n’exagère pas) puisse se voir «confier» la
mission d’officier des moins de 17 ans comme commissaire au match. A la
limite, peut-être que Si Rachid, ça lui plaît bien d’aller au Mali
enregistrer sur son calepin le nombre de cartons, de changements et l’heure
effective à laquelle l’arbitre central a donné le coup d’envoi de la
partie. Mekhloufi peut très bien me dire : «De quoi je me mêle ? Si moi, la
légende, j’ai quand même envie d’aller faire le commissaire au match au
Mali ou au Burkina avec des petiots de moins de 17 ans, en quoi, toi, le
plumitif déplumé ça te regarderait ?» Et il aurait raison. C’est
peut-être son truc à lui, Si Rachid, de terminer de cette manière un aussi
flamboyant parcours. Mais malgré tout, incorrigible rêveur, indécrottable
nostalgique d’un feu follet vert, d’un sorcier faisant bouillonner un stade
qui ne s’appelait pas encore le «chaudron», je n’arrive pas à visualiser
cette image d’une main courante, d’une table en bois, d’une chaise au bord
de terrain, et de Mekhloufi assis sur cette chaise et penché sur cette table,
en train de noter les petits faits et gestes de 22 Maliens et Burkinabés de
moins de 17 ans tapant dans un ballon. Que voulez- vous, c’est plus fort que
moi ! Ce n’est pas du mépris pour ces jeunes footballeurs. Mais c’est juste
du respect pour une idole. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar
continue.
H. L.
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