Samedi 25 Novembre 2006
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SI MEME LES IDOLES...

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

«Retour à la politique de Kebir et des anciens du FIS. Il
est catégoriquement contre !»

Le python

J’ai une admiration infinie pour le footballeur qu’a été Rachid Mekhloufi. J’ai encore en mémoire les bobines de vieux films que l’on se repassait au ciné club du lycée montrant le Stéphanois slalomant dans les défenses adverses, leur donnant le tournis et terrassant les plus grands gardiens de but de la planète d’antan. Plus tard, devenu journaliste sportif, j’avais, sur les stades et dans les grands rendez-vous, une admiration sans bornes pour cet homme à l’élégance inouïe, au port distingué et au sourire éclatant. La veste de coupe très british. Les cols de chemise toujours impeccables. La chaussure cirée au plus profond du cuir. Le cheveu et le poil domptés. Le ton modéré. Et avenant, à un point tel que ça en frisait parfois l’humilité. Mekhloufi est une légende. Et les fois où j’ai eu à lui tendre un micro pour une déclaration, un avis ou un éclairage, j’en suis sorti avec la conviction première confortée. C’est une légende. Tout cela, tout ce préambule pour dire mon choc, le coup encaissé dans ma poitrine lorsque j’ai lu ce jeudi, en page 24 du quotidien El Moudjahidque Rachid Mekhloufi venait d’être désigné «commissaire au match Mali-Burkina Faso des moins de 17 ans». Peut-être que je m’émeus pour pas grand-chose. Peut-être que je suis encore trop scotché à l’image de la légende pour admettre qu’un dieu vivant du football (je n’exagère pas) puisse se voir «confier» la mission d’officier des moins de 17 ans comme commissaire au match. A la limite, peut-être que Si Rachid, ça lui plaît bien d’aller au Mali enregistrer sur son calepin le nombre de cartons, de changements et l’heure effective à laquelle l’arbitre central a donné le coup d’envoi de la partie. Mekhloufi peut très bien me dire : «De quoi je me mêle ? Si moi, la légende, j’ai quand même envie d’aller faire le commissaire au match au Mali ou au Burkina avec des petiots de moins de 17 ans, en quoi, toi, le plumitif déplumé ça te regarderait ?» Et il aurait raison. C’est peut-être son truc à lui, Si Rachid, de terminer de cette manière un aussi flamboyant parcours. Mais malgré tout, incorrigible rêveur, indécrottable nostalgique d’un feu follet vert, d’un sorcier faisant bouillonner un stade qui ne s’appelait pas encore le «chaudron», je n’arrive pas à visualiser cette image d’une main courante, d’une table en bois, d’une chaise au bord de terrain, et de Mekhloufi assis sur cette chaise et penché sur cette table, en train de noter les petits faits et gestes de 22 Maliens et Burkinabés de moins de 17 ans tapant dans un ballon. Que voulez- vous, c’est plus fort que moi ! Ce n’est pas du mépris pour ces jeunes footballeurs. Mais c’est juste du respect pour une idole. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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