Lundi 27 Novembre 2006
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AUCUNE RAHMA !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

«Abdekka a invité les journalistes à venir prendre le thé à la présidence.»

Un thé, à la russe ?

Le prix de la pomme de terre ? Barkat, ministre de l’Agriculture, donc de la pomme de terre, vient de jurer sur tout ce qu’il a de plus cher qu’il n’y est pour rien et qu’il n’y peut rien. Sans avoir l’air d’y toucher et sans vouloir donner l’air de moucharder, le docteur nous conseille tout de même de regarder du côté de son collègue du commerce. Celui-ci, la main sur le cœur et le porte-monnaie, jure à son tour qu’il n’y est pour rien. Et le prix de l’électricité et du gaz qui va augmenter, alors qu’il y a à peine deux semaines, on nous affirmait qu’il ne bougerait pas ? Vers qui devons-nous regarder ? Vers le Pdg de Sonelgaz ? Vers le Pdg de Sonatrach ? Vers le ministre de l’Energie et des Mines réjouies du pouvoir ? Ne vont-ils pas nous refaire le coup des ministres de l’Agriculture et du Commerce qui se sont rejeté la baballe et se sont refilé le tubercule à qui mieux mieux ? A les entendre tous, agriculture, commerce, énergie et autres «responsables», on a l’impression qu’ils n’y sont pour rien dans rien. C’est à croire que la pomme de terre décide toute seule, le matin, de flamber sur l’étal. C’est à croire aussi que les compteurs d’électricité et de gaz ajoutent de manière autonome des zéros dans leur colonne tarifs. J’en ai même entendu un qui a osé cette très profonde et abyssale réflexion : «Que voulez- vous exactement ? Que l’Etat revienne à ce qu’il était avant la libéralisation du marché et qu’il se remette à faire commerce de la pomme de terre ? Soyons sérieux ! Ce n’est pas son rôle ! » D’accord ! L’Etat ne va pas acheter et revendre de la pomme de terre. Mais il peut remplir son rôle de police contre les spéculateurs. Il peut se rappeler qu’entre autres uniformes rangés dans son vestiaire d’Etat, il y a celui de gendarme devant veiller à traquer les pratiques commerciales déloyales ou frauduleuses. Le même Etat peut aussi éviter de dire qu’il n’augmentera pas «ettriciti» pour revenir ensuite sur ce gel annoncé et donner son feu vert à une nouvelle flambée des prix en plein hiver. Il existe des pays qui n’ont ni pétrole ni gaz dans leur sous-sol, qui les achètent au prix fort sur les marchés internationaux et qui ont pourtant inscrit dans leurs textes fondamentaux et dans leur pratique de gouvernance l’interdiction formelle de toucher aux prix de l’électricité en plein hiver, sauf bien sûr à les baisser. Que dire alors d’un pays producteur de pétrole et de gaz, qui roule sur l’or noir, qui table sur une recette de 50 milliards de dollars d’exportation d’hydrocarbures pour 2006 et qui va tout de même «saigner» les familles algériennes en pleine froidure hivernale ? Rien ! Ou plutôt si : fumer du thé et rester éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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