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«Législatives de 2007. Si le MSP les remporte, j’arrête de boire.»
De l’eau !
L’ancien wali d’El-Tarf a disparu. Doucement, doucement camarades ! Pas
la peine d’ameuter Lahbiri et tout le staff des pompiers, ni d’accrocher une
poule pour faire office d’appât. Djillali Aârar n’est pas un python. Et
pour l’heure, il n’a été localisé dans aucun vide sanitaire d’aucune
cité populaire du vaste gruyère qu’est devenue l’Algérie. L’ex-wali d’El-Tarf
a juste disparu. Comme disparaissent tous les jours des walis impliqués dans de
très grosses affaires de trafic. Quoi de plus banal dans le fait que le wali le
plus médiatisé du Maghreb prenne la clé des champs ? Peut-être a-t-il même
croisé dans sa fuite un autre drôle de coco, Zendjabil, le wali de la coke ?
Ça se passe comme ça en "Algéré" ! Ça fuit de partout, et les
fuyards se croisent aux carrefours, se saluent d’un élégant signe de la
main, demandent des nouvelles des enfants, de la famille avant de s’évaporer
dans une nature plus proche de la jungle luxuriante que de l’espace urbain.
Les walis fuient. Les ministres d’Etat affirment détenir des dossiers
explosifs sur la corruption, mais qu’ils ne les livreront que lorsque les
boissons alcoolisées seront enfin interdites. Les pythons muent en couleuvres
et rétrécissent au lavage. Les chefs de partis politiques sont promus chefs de
gouvernement en vertu de leurs compétences à dresser les dobermans. D’anciens
exorcistes ont juste le temps de cacher leurs amulettes et de jeter un peu d’eau
dans le braseros de leur «b’khour» avant qu’une voiture officielle ne les
convoie vers leurs tout nouveaux bureaux de ministres. Les mioches des grosses
huiles se kidnappent et se laissent pour morts sur les bandes d’arrêt d’urgence
des autoroutes. Quatre oreillers, un traversin, deux lampes de chevet et un
fauteuil sont facturés à 64 000 euros. Alors ? Pourquoi s’alarmer lorsqu’un
wali, un wali de plus disparaît dans l’indulgente nature qui est la nôtre ?
C’est dans l’ordre des choses algériennes. Beaucoup doivent avoir retrouvé
le sommeil ce soir. Bonne nuit les coquins ! Je fume du thé et je reste
éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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