Lundi 18 Décembre 2006
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Actualités : MEDELCI ACCUSE
«Transparency veut semer le désordre»


Nous sommes capables de juguler la corruption, a affirmé, samedi soir devant les caméras de l’ENTV, le ministre des Finances, Mourad Medelci. L’affirmation se voulait une réponse indirecte à la Banque mondiale et à Transparency International, Mourad Medelci accusant implicitement cette organisation de faire dans l’agitation et de vouloir semer le désordre.
Chérif Bennaceur - Alger (Le Soir) - Hôte du forum hebdomadaire de l’ENTV, le ministre des Finances en a laissé plus d’un sur sa faim de réponses chiffrées sur la corruption et les scandales bancaires qui défraient la chronique. En effet, Mourad Medelci, démentant tout esprit de rétention de l’information et couverture de personnes impliquées, a néanmoins refusé de confirmer la véracité des chiffres avancés ici et là et de dévoiler les montants exacts des détournements de deniers ainsi que l’identité des gens corrompus. Cela, en précisant que les dossiers se trouvent au niveau de la justice «qui est là», invitant ses interlocuteurs médiatiques à s’en rapprocher et ne manquant pas de relever l'obtention et la mise en œuvre de l'extradition vers l'Algérie de personnes impliquées dans des détournements de fonds de banques. Certes, l’hôte de la petite lucarne a invité tous ceux qui affirment détenir des informations fondées sur des affaires de corruption et de malversations financières à se rapprocher de ses services et de la justice, précisant que les dossiers transmis seront traités avec attention, fermeté et dans le respect des lois. Néanmoins, et usant d’une rhétorique lénifiante à souhait, élusive, langue de bois, il n’a apporté aucune réponse aux interrogations exprimées sur les auteurs de ces malversations, estimant qu’en parler sans preuves et fondements relève de l’irresponsabilité politique. Pis, ce phénomène, selon lui, était inhérent à la situation de transition où se trouve l’économie algérienne. Voire, Mourad Medelci de s’en prendre en termes à peine voilés à certaines organisations internationales, la Banque mondiale et sa filiale la Société financière internationale (SFI) ainsi que l’organisation Transparency International dont des représentants étaient les hôtes récemment de notre pays. 
Les assertions élusives de Medelci 
Tout en rappelant à l’auditoire que l’Algérie était actionnaire au sein du groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) et que notre pays accueille «à bras ouverts» tous les conseils utiles et «les avis externes sur la situation interne», Mourad Medelci a affirmé qu’à aucun moment la complexité du système fiscal algérien n’a été évoquée lors des entretiens qui l’ont réuni, ainsi que le chef du gouvernement, avec le vice-président exécutif de la SFI, Lars Thunell. Certes, le ministre des Finances s’est déclaré «conscient qu’il (le système fiscal) n’est pas aussi simple». Toutefois, il a considéré l’affirmation rapportée par voie médiatique du vice-président de la SFI selon laquelle notre fiscalité est trop complexe comme relevant de l’exagération. Mais aussi l’hôte de l’ENTV d’être élusif quant aux appréhensions du groupe de la Banque mondiale et de Transparency International sur la conduite des marchés publics et la gestion des deniers publics. Cela d’autant qu’un montant de l’ordre de 140 milliards de dollars, soit 10 000 milliards de dinars, a été mobilisé pour la réalisation du programme de relance de la croissance et de développement infrastructurel et social ainsi que des programmes spécifiques aux régions du Sud et des Hauts-Plateaux. Des deniers budgétisés, gérés par une caisse spécifique et en toute transparence selon Mourad Medelci. Ce dernier d’affirmer, péremptoirement, en réponse à ces conseils, que «nous (l’Algérie) sommes capables de juguler la corruption», le gouvernement ayant déjà pris «des mesures pour remédier à la source de ce mal». En citant, à ce propos, tant l’amélioration et la réorganisation des systèmes de gestion, de gouvernance et de supervision bancaires, l’amélioration des conditions de travail des agents chargés des missions de contrôle, que la mise en place depuis 2002 de la Cellule de traitement du renseignement financier. Ce faisant, le ministre des Finances a affirmé, devant l’auditoire médiatique, qu’il rejetait «toutes déclarations à même de créer du désordre et de l’agitation» et de perturber le processus de restauration de la confiance. Ceci dans une allusion à peine voilée à Transparency International, au demeurant non citée.
Elargir le champ d’intervention de l’IGF 
Une prestation médiatique au cours de laquelle la réforme en cours de l’Inspection générale des finances (IGF) n’a pas manqué d’être abordée. A ce propos, Mourad Medelci a indiqué que le statut de l’IGF est en voie d’être révisé, en élargissant le champ d’intervention de cette structure de contrôle des finances publiques aux entreprises du secteur économique public et non plus uniquement aux institutions à caractère administratif. En fait, s’agissant de la gestion de deniers publics, il sera question de permettre à cette structure d’intervenir directement auprès de ces entreprises, sans être assujettie à l’autorisation préalable du gouvernement comme c’est le cas actuellement. De même qu’il a rappelé qu’un projet de loi-cadre de lois de finances est en cours de maturation au niveau des départements ministériels et qu’il sera soumis prochainement à l’aval parlementaire. 
C. B.

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