Lundi 18 Décembre 2006
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Actualités : REGULATION DANS LE SECTEUR ENERGETIQUE
L’expérience algérienne est “exemplaire” mais…


Hôte hier, au siège du ministère de l’Energie et des Mines, de la Commission de régulation de l’électricité et du gaz (Creg), une experte allemande en régulation, Nadia Chebel-Horstmann (d’origine algérienne), a animé une conférence sur “les évolutions dans l’ouverture à la concurrence des marchés européens de l’électricité et du gaz. Rôle et mission du régulateur national et du groupe des régulateurs européens”.
Membre du conseil exécutif du Bundesnetzagentur, l’office de régulation allemand pour les réseaux d’électricité, de gaz, des télécommunications et des chemins de fer, cette experte a estimé que la régulation algérienne dans le domaine de l’énergie électrique est “exemplaire” et est très comparable à ce qui se fait en fait ailleurs en Europe. Un avis toutefois à tempérer, selon Mme Chebel-Horstmann qui s’est montrée prudente, refusant d’anticiper sur l’efficacité de ce système. En effet, elle a affirmé qu’”il n’est pas possible de dire pour le moment si ce système est celui qu’il faut tant que nous n’avons pu voir son impact final sur le consommateur à long terme”. Par ailleurs, l’hôte de la Creg a estimé que si la concurrence est “souhaitable” pour le développement d’un marché énergétique, l’application de l’exemple européen sur la réalité algérienne ne doit pas être systématique. En effet, “il ne s’agit pas de reprendre en Algérie ce qui a été fait ailleurs” pour Nadia Chebel-Horstmann, mais d’œuvrer à ce que l’ouverture à la concurrence et la régulation en découlant se fassent “à la carte”. De fait, cette experte qui a présenté les modèles allemand, anglais et français, a indiqué que le marché européen diffère du marché algérien en terme d’ouverture à la concurrence ce qui se traduit d’ailleurs par une vision différente dans le domaine de la régulation. En effet, le marché européen de l’électricité par exemple est complètement ouvert dans certains pays comme l’Allemagne ou la Grande-Bretagne où le consommateur final peut choisir son propre fournisseur, ce qui n’est pas le cas en France par exemple où l’ouverture se fait graduellement. Ainsi, en Allemagne, le régulateur en matière d’électricité et du gaz n’intervient pas dans la fixation des tarifs finaux de ces deux énergies, mais uniquement sur la fixation des tarifs relatifs à l’accès au réseau. En dépit des difficultés d’accès à l’information et le manque de transparence auxquels fait face le régulateur allemand, Nadia Chebel- Horstmann a néanmoins relevé que la régulation a eu, d’une manière générale, un impact positif puisqu’elle a permis notamment l’amélioration de la qualité de service, l’augmentation de la qualité des réseaux, la multiplication des fournisseurs et la baisse des tarifs d’accès aux réseaux de 6 à 25 %. En Algérie, ce n’est pas la cas puisque la Creg a son mot à dire en ce qui concerne les prix de l’électricité et du gaz. Selon le président de la Creg, Nadjib Athmane, cette différence découle du fait que le marché de l’électricité et du gaz allemand est complètement ouvert à la concurrence avec plusieurs fournisseurs, alors qu’en Algérie, le groupe Sonelgaz détient encore le monopole sur la distribution. Cela même si le président de la Creg n’a toutefois pas écarté qu’”à long terme”, les choses puissent changer. En ce sens, Athmane Nadjib a considéré que la visite de la représentante du régulateur allemand “s’inscrit dans une démarche d’apprentissage de notre métier de régulateur”. Cela étant, l’expérience allemande n’est cependant pas la seule à intéresser l’Algérie, la Creg faisant partie, selon son président, d’un “réseau méditerranéen de régulateurs qui constitue un cadre de coopération”. A rappeler que la Creg, opérationnelle depuis 2005, est chargée, entre autres missions de supervision en matière énergétique, de la programmation des investissements, la protection des intérêts des consommateurs, la détermination des tarifs et la rémunération des opérateurs, l’octroi des autorisations et concessions, l’accès aux réseaux, le contrôle réglementaire et environnemental, l’arbitrage et la conciliation. C. B.

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