Lundi 18 Décembre 2006
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Régions Centre : TIZI-OUZOU
RENCONTRE A L'OCCASION DU 58e ANNIVERSAIRE DES DROITS DE L'HOMME A AZAZGA
Triste constat


Triste et sombre tableau que celui de la situation des droits de l’homme, 58 ans après la proclamation de la déclaration universelle, dressé par Maître Zehouane, président de la LADDH, ainsi que tous les intervenants ayant pris part à la rencontre organisée par la Maison des droits de l’homme et du citoyen de Tizi-Ouzou en partenariat avec la fondation allemande Friedrich Ebert.

“Aucun de ces droits n’est respecté en Algérie. Qui peut garantir aujourd’hui chez nous qu’il est à l’abri d’une arrestation ou de tortures ? Le concept des droits de l’homme reste encore à inventer”, s’est exclamé d’emblée Maître Zehouane dont le thème de l’intervention “Qu’en est-il du standard des droits de l’Homme” prendra naissance au plus fort du XVIIIe siècle pour retracer le long cheminement et les raisons qui ont incité à la mise sur pied de ce qu’il a qualifié “d’héritage né d’une longue pérégrination à travers des expériences douloureuses, comme les guerres dont l’une a fait plus de 105 millions de victimes”. Son constat va plus loin que nos frontières pour, malheureusement, constater les mêmes lacunes à travers le monde “y compris dans les pays européens, pourtant avancés dans le respect et la pratique des droits de l’homme”, dira-t-il sur un ton navré. Mais, nonobstant les diverses analyses pour illustrer les atteintes flagrantes au niveau planétaire, son intervention s’est axée particulièrement sur le caractère universel de ces droits, “dont la motivation principale et originelle est de dépasser l’approche de l’homme vu sous une tutelle religieuse, ethnique, étatique ou autre pour ne le situer que dans sa dimension individuelle, universelle et humaine”. Le concept de standard a constitué le leitmotiv de sa longue et riche intervention où il a déploré l’absence ou l’insuffisance d’organismes régionaux, continentaux, etc., pour le contrôle de la conformité des lois des Etats avec les droits de l’homme et comme moyen de recours contre “les contraintes, les obstacles et les mesures administratives draconiennes dressés par les gouvernants contre la pratique des libertés multiples, sous prétexte de souveraineté qui va à contre-courant du principe de standard, justement”, a renchérit Maître Zehouane. Tout en saluant les quelques initiatives, à l’instar de la création de la Cour européenne des droits de l’homme, il déplorera le peu d’intérêt accordé à de tels organismes, seule garantie à ses yeux de la pérennité de l’universalité des droits de l’homme. A cet effet, il citera l’exemple de la méfiance observée et le refus opposé à l’égard de sa proposition de la mise en place d’une convention et d’une cour euro-méditerranéenne des droits de l’homme. Le projet de la réconciliation nationale initié par le pouvoir algérien n’a pas échappé à la crique de l’orateur dans le chapitre des violations flagrantes. “Cet acte vise à occulter les problèmes réels en refusant d’écrire une page douloureuse de l’histoire nationale, longue de plus de dix années. C’est aussi un déni de droit, de justice aux victimes qui sont aujourd’hui narguées par leurs bourreaux, dont les têtes furent mises à prix par le même pouvoir qui les amnistiera quelque temps après. Ce qui aggrave les traumatismes et les refoulements et consacre l’impunité sous le paravent de tragédie nationale”, a-t-il argumenté. Mais en définitive, avec une pointe d’optimisme et d’espoir, il appellera à l’intensification de la lutte pour les droits de l’homme et à la préservation de leur caractère standard “malmené par des forces difficilement maîtrisables, comme la mondialisation. Ce concept doit aussi faire constamment l’objet de modulation en fonction de nouvelles données de diverses natures”, conclut-il. Emboîtant le pas à Maître Zehouane, l’universitaire Mohand Ouamar Ousalem, dont le thème de la communication traitait de “La Déclaration universelle des droits de l’homme et droits économiques, sociaux et culturels”, affirme que ces derniers sont bien explicités dans la déclaration et élargis à partir des droits politiques et civiques. A leur sujet, dans notre pays, il pense que l’acquis post-indépendant dans ce sens, qui “découlait de la légitimité du peuple algérien de réclamer ce dont il était sevré par le colonialisme”, était beaucoup plus dû à un esprit communautaire et nationaliste conséquent à l’euphorie de l’indépendance qu’au souci du respect des droits de l’homme. Le marasme et le choc économique survenu au milieu des années 1980 ont “sérieusement ébranlé ses droits avec le manque d’emplois”. Le problème d’absence de performances économiques qui prévaut de nos jours risque, selon lui, de les fragiliser et de les occulter encore plus. La politique économique actuelle, qu’il refuse au passage de qualifier d’ultra-libérale, risque de générer plus de chômeurs, donc plus de perte dans les droits. Quand au pacte social, il dira : “On aura beau négocier avec les travailleurs, ce qui est légitime, le problème ce sont ces millions de jeunes qui arrivent sur le marché du travail sans aucune issue”. La communication de M. A. About ayant pour thème “Les droits de l’homme : réalité et perspective en Algérie” n’a pas été pour améliorer le triste tableau dépeint par les précédents conférenciers. L’ancien détenu des prisons de Lambèse et de Berrouaghia et après quelques émouvants témoignages sur la période de son incarcération, enfonce le clou en démontrant qu’aucun des pactes internationaux ratifiés par l’Algérie n’est respecté par les autorités. Il étayera ses dires par, entre autres, la flagrante non-conformité du code de la famille avec la Déclaration universelle et le maintien de l’état d’urgence “alors qu’on ce cesse de crier sur tous les toits du monde que la situation sécuritaire est maîtrisée”, soutient-il avant d’ajouter que la signature des conventions internationales n’obéit qu’à leurrer l’opinion étrangère sur la nature du régime algérien. En somme, une oppression à huis clos exercé sur le peuple algérien. M. Aït-Yahia, dans sa “Lecture historique et analytique” n’a pas fait dans la dentelle pour fustiger les gouvernants algériens. “A côté de la richesse ostentatoire, il y a une misère noire”, dira-t-il, en parlant de l’embellie financière d’un côté et la paupérisation des populations, tout en faisant remarquer que “la classe moyenne a disparu dans notre pays”. Au-delà des thèmes suscités, cette rencontre a été l’occasion pour les présents de se pencher sur plusieurs autres aspects comme la nécessité de la reformulation des droits de l’homme pour renforcer leur caractère humain et universel de manière à brasser une plus large bande de civilisations et philosophies. “Consolider l’approche naturaliste continuelle au détriment de la thèse développementiste”, a-t-on conclu. R. A.

BOGHNI
Un sanglier sème la panique

Les élèves et le personnel du CEM filles de Boghni ont vécu, jeudi dernier, une journée pour le moins rocambolesque. Un sanglier s’est en effet introduit dans la matinée à l’intérieur de l’établissement et semé la panique parmi les élèves qui n’ont pu suivre normalement leurs cours. La bête a déambulé un bon moment s’offrant même un tour du propriétaire qui l’a menée des couloirs des blocs administratifs et pédagogiques aux logements de fonction. L’intervention des services de police s’est avérée nécessaire pour chasser l’intrus. Après une farouche opposition, l’animal a fini par quitter l’enceinte de l’établissement par “la grande porte”, c’est-à-dire le portail par lequel il est rentré, sans causer de dégâts, au grand soulagement des présents qui ont, à un moment, craint le pire pour la vie des élèves notamment. A. A. Y.

Des cadres associatifs en formation
Les associations Amusaw, Tarawa Fathma N’soumer et le CFPN, avec le soutien de l’ONG américaine la Fondation nationale pour la démocratie (NED), organisent depuis jeudi dernier un cycle de formations au profit de cadres associatifs issus de près d’une vingtaine d’associations. Abrité par la Médiathèque 1 de Tizi- Ouzou, cette série de rencontres qui a débuté les 14 et 15 décembre a pour objectif de former les cadres et animateurs associatifs aux techniques du plaidoyer, autrement dit, selon l’explication des organisateurs, à doter les récipiendaires de ce programme de formation d’outils nécessaires à la réussite d’une campagne de sensibilisation. Ils seront, à travers des modules théoriques suivis d’exercices pratiques, initiés aux techniques visant l’amélioration de la gestion de leur structure, la communication interne et externe, la gestion du temps et la recherche et prospection de fonds. Les bénéficiaires de cette série de formations sont des cadres et animateurs, hommes et femmes, activant dans la région de Kabylie et issus de divers horizons associatifs. L’objectif est de les amener à faire preuve de compétence professionnelle et managériale face à un environnement politico-institutionnel multiple et complexe. H. S.

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