Corruptions : L’ALGERIE, L’EGYPTE, LE NIGERIA, L’INDE ET LE PAKISTAN METTENT EN ECHEC LA PREMIERE CONFERENCE DES ETATS-PARTIES DE LA CONVENTION DES NATIONS UNIES CONTRE LA CORRUPTION

Non aux mécanismes internationaux de suivi, à l'implication des ONG et de la société civile et à la transparence dans la gestion des avoirs récupérés
La première session de la Conférence des Etats-parties de la Convention des Nations unies contre la corruption (Uncac), qui s’est tenue du 10 au 14 décembre 2006 en Jordanie, s’est terminée en queue de poisson. Les résultats de cette conférence sont très en deçà de ce qui était attendu.

L’Algérie, l’Egypte, le Nigeria, l’Inde et le Pakistan ont concouru à l’échec de cette conférence : ces pays ont dit non aux mécanismes internationaux de suivi dans l’application de l’Uncac par les pays qui l’ont ratifiée, dont l’Algérie, comme ils ont clairement fait savoir aussi qu’ils étaient fermement opposés à l’implication des ONG et de la société civile dans la mise en application de l’Uncac tant au niveau des instances internationales onusiennes qu’au plan national pour certains de ces pays cités plus haut, dont l’Algérie. Ces pays se sont opposés aussi à ce qu’il y ait des règles de transparence dans la gestion des avoirs récupérés à l’étranger. Aux mécanismes internationaux de suivi, ces pays privilégient des mécanismes d’autoévaluation, à l’image de ce qui se fait au niveau du Nepad. Il faut rappeler que l’Algérie, l’Egypte et le Nigeria font partie du comité des 5 pays qui pilotent le Nepad, aux côtés de l’Afrique du Sud et du Sénégal. La mise en échec de la première session de la Conférence des Etats-parties de l’Uncac sera lourde de conséquences pour le devenir de cette convention. La communauté internationale qui est très attachée à la mise en application de l’Uncac est sous le choc, ainsi que les organisations internationales intergouvernementales comme l’ONU, l’Union européenne, ainsi que les institutions financières internationales, qui n’ont pas vu venir cette forte résistance des “leaders” des pays du Sud, alors que tous les ingrédients étaient réunis en faveur de cet échec. Nous y reviendrons dans “Le Soir corruption” du 25 décembre 2006. Nous publions ci-dessous les articles de l’Uncac relatifs à la Conférence des Etats-parties.
Djilali Hadjadj

“Une Conférence des Etats-parties à la convention est instituée pour améliorer la capacité des Etatsparties à atteindre les objectifs énoncés dans la présente convention et renforcer leur coopération à cet effet ainsi que pour promouvoir et examiner l’application de la présente convention. Le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies convoquera la Conférence des Etatsparties au plus tard un an après l’entrée en vigueur de la présente convention. Par la suite, la Conférence des Etats-parties tiendra des réunions ordinaires conformément au règlement intérieur qu’elle aura adopté. La Conférence des Etats-parties adopte un règlement intérieur et des règles régissant le fonctionnement des activités énoncées dans le présent article, y compris des règles concernant l’admission et la participation d’observateurs et le financement des dépenses encourues au titre de ces activités. La Conférence des Etats-parties arrête des activités, des procédures et des méthodes de travail en vue d’atteindre les objectifs énoncés au paragraphe 1 du présent article, notamment :
a) - elle facilite les activités menées par les Etats-Parties en vertu des articles 60 et 62 et des chapitres II à V de la présente convention, y compris en encourageant la mobilisation de contributions volontaires ;
b) - elle facilite l’échange d’informations entre États-parties sur les caractéristiques et tendances de la corruption et les pratiques efficaces pour la prévenir et la combattre et pour restituer le produit du crime, notamment par la publication des informations pertinentes visées dans le présent article ;
c) - elle coopère avec les organisations et mécanismes régionaux et internationaux, et les organisations non gouvernementales compétents ;
d) - elle utilise de manière appropriée les informations pertinentes produites par d’autres mécanismes internationaux et régionaux visant à combattre et prévenir la corruption afin d’éviter une répétition inutile d’activités ;
e) - elle examine périodiquement l’application de la présente convention par les États-parties ;
f) - elle formule des recommandations en vue d’améliorer la présente convention et son application ;
g) - elle prend note des besoins d’assistance technique des États-parties en ce qui concerne l’application de la présente convention et recommande les mesures qu’elle peut juger nécessaires à cet égard.
Aux fins du paragraphe 4 du présent article, la Conférence des Etats-parties s’enquiert des mesures prises et des difficultés rencontrées par les États-parties pour appliquer la présente convention en utilisant les informations que ceux-ci lui communiquent et par le biais des mécanismes complémentaires d’examen qu’elle pourra établir. Chaque Etat-partie communique à la Conférence des Etats-parties, comme celle-ci le requiert, des informations sur ses programmes, plans et pratiques ainsi que sur ses mesures législatives et administratives visant à appliquer la présente convention.
La Conférence des Etats-parties examine le moyen le plus efficace de recevoir des informations et d’y réagir, y compris, notamment, d’Etats-parties et d’organisations internationales compétentes. Les contributions reçues d’organisations non gouvernementales compétentes, dûment accréditées conformément aux procédures devant être arrêtées par la Conférence des États-parties, peuvent aussi être pris en compte. Conformément aux paragraphes 4 à 6 du présent article, la Conférence des Etats-parties crée, si elle le juge nécessaire, tout mécanisme ou organe approprié pour faciliter l’application effective de la convention. Le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies fournit les services de secrétariat nécessaires à la Conférence des Etats-parties à la convention.
Le secrétariat :
a) - aide la Conférence des Etats-parties à réaliser les activités énoncées à l’article 63 de la présente convention, prend des dispositions et fournit les services nécessaires pour les sessions de la Conférence des Etats-parties ;
b) - aide les Etats-parties, sur leur demande, à fournir des informations à la Conférence des Etats-parties comme le prévoient les paragraphes 5 et 6 de l’article 63 de la présente convention ;
c) - assure la coordination nécessaire avec le secrétariat des organisations régionales et internationales compétentes.





Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2006/12/18/article.php?sid=47200&cid=11