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Bush présente ses excuses aux musulmans : «C’est promis,
les prochaines pendaisons auront lieu …
… le 2e jour de l’Aïd
Nuit du 31 décembre. Une marée humaine sur la plage marocaine
d’Agadir. Entre 150 et 200 mille personnes applaudissant à tout rompre
des stars de la chanson, des vedettes de la variété et des figures de la
jet-set occidentale venues faire le show ce soir-là, en faveur de la
tolérance. C’est d’ailleurs l’intitulé de ce méga-spectacle, «Concert
pour la tolérance». Zuccherro, Laurie, Faudel, Naddya, et autres
vendeurs monstres de disques. Et là, à voir ces «idoles» des jeunes se
produire sur une plage marocaine pour une cause, la tolérance, je me
suis tout bêtement dit «mais comment ils font nos voisins marocains pour
réussir ce genre de coups médiatiques ?» La réponse, je l’ai eue en
suivant ce concert jusqu’au bout, jusqu’à tard dans la nuit et tôt dans
le jour d’après, celui du 1er janvier 2007. D’abord, Laurie est en
petite tenue, très légère, très aérienne, très vaporo-vampeuse. Personne
ne l’a huée, personne ne l’a aspergée de vitriol ni ne lui a balancé des
tomates pourries à la figure. Elle est venue. Elle a chanté. Elle est
repartie en remerciant le public marocain pour sa chaleur. Ce qui me
pousse à ouvrir cette parenthèse pour vous raconter cette histoire
rapportée par une amie, celle de ce grand cirque venu se produire en
Algérie et dont les trapézistes femmes ont dû, suite à des pressions de
plus en plus accentuées, enfiler des collants par-dessus leurs
combinaisons afin de cacher leurs formes par trop féminines aux yeux de
nos censeurs patentés. Parenthèse fermée. Revenons au concert d’Agadir.
Zuccherro, assis derrière son piano. Sans fioritures, il a interprété
une chanson douce, une ballade. Pas un sifflet. Seulement des jeunes et
des moins jeunes littéralement suspendus aux lèvres du pop-crooner
italien. Ensuite, Faudel. Tout sourire, il met le feu à la plage et
provoque une houle de bonheur qui fait tanguer les 200 mille
spectateurs. Faudel est d’origine algérienne. Des Marocains lui ont fait
la fête et l’ont acclamé. Sans lui demander quel était son point de vue
sur la question du Sahara occidental. Re-parenthèse pour un rappel : on
a refusé un visa à Djamel Debbouze sous le prétexte calamiteux et
pisseux que l’artiste revendique de manière un peu trop voyante son
soutien au palais royal et à Mohammed VI. Re-parenthèse fermée. Dernière
précision. De bout en bout, 200 mille personnes, à la composante mixte,
ont chanté, dansé et se sont défoulées jusqu’à l’aube de la nouvelle
année sans une bagarre et sans qu’une fille soit embêtée ou agressée.
Dois-je ouvrir une troisième parenthèse pour rappeler cet immonde
concert de la solidarité organisé à la fin de la campagne électorale en
2004, à la veille du scrutin présidentiel, concert au cours duquel des
filles, des femmes, des familles entières ont été molestées, agressées,
blessées pour certaines à l’arme blanche ? Non ! Je n’ouvrirai pas cette
nouvelle parenthèse. Car ça fait toujours mal de comprendre pourquoi les
Marocains nous raflent aussi les méga-concerts comme celui d’Agadir.
Consolons-nous tout de même. Il y a encore un truc que nous réussissons
à faire, à bien faire, à très bien faire : fumer du thé pour rester
éveillés à ce cauchemar qui continue.
H. L.
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