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Devinette. Quel est le point commun entre des boulangers qui
manifestent et la police anti-émeutes ? Les deux excellent dans
l’art de distribuer des …
…pains
Décidément, Belkhadem est dans une période faste. Prolifique. Alors, pourquoi
s’en priver ? Profitons-en ! Hier déjà, nous nous tapions les cuisses, hilares
après l’avoir entendu se lamenter du fait que les journaux n’aient pas ouvert
plus grands leurs espaces à «l’Immense Victoire» du FLN aux sénatoriales.
Aujourd’hui, autre séance de franche rigolade avec un Abdelaziz II décidément
très en verve. Il en a remis une couche en déclarant le plus normalement du
monde, sans que son nez ne pousse d’un centimètre, sans se triturer nerveusement
les doigts, sans éviter de regarder les journalistes droit dans les yeux, sans
rougir et d’une voix assurée et ferme que lui, Belkhadem, le coordinateur du
gouvernement «avait demandé au président de la République de procéder à un
remaniement ministériel». Allez y ! Oui, oui, je sais, c’est plus fort que vous,
je comprends parfaitement que vous ne puissiez faire autrement. Amis lectrices
et lecteurs, riez aux éclats, je vous laisse une petite minute pour le faire,
pour vous soulager les zygomatiques. (…) Ça y est ? C’est bon ? Vous avez ri
tout votre saoul ? Je continue. Est-ce que Abdelaziz II nous prend réellement
pour des poires prêtes à tout gober, assez mûres pour donner du crédit à cette
démarche qui verrait un chef du gouvernement demander à Abdekka de procéder dans
les meilleurs délais à un changement de ministres ? Depuis quand un Premier
ministre peutil s’en aller gaiement, les doigts de pieds en éventail, la mine
réjouie et la barbe en goguette dire à un profil comme celui de Boutef’ «Hé !
Dis donc, toi, faut que tu me changes ce gouvernement !» ? Même pas en rêve !
Même pas en état d’hypnose ! Même pas en état d’hibernation cryogénique.
Cliniquement et génétiquement, Abdelaziz II ne peut pas aller demander à
Abdelaziz 1er de remanier le gouvernement. Par contre, Abdelaziz II a tout à
fait le profil de ces gens à qui un Abdekka peut ordonner d’aller déclarer à la
presse ce que lui Boutef’ veut que l’opinion entende, mais de la bouche d’un
autre, pas de la sienne. Dans cet art-là, celui du marche-pied politique, celui
de «berrah» chauffeur de salle, Abdelaziz II excelle. Demain, Abdekka lui
ordonnera d’aller dire «j’ai écrit au président pour lui demander de changer de
chef du gouvernement », il ira. Sans l’ombre d’un doute. Il est comme ça
«Abdelaziz ethani». Il est au service. Je fume du thé et je reste éveillé, le
cauchemar continue.
H. L.
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