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«Affaire Khalifa. Ouverture ce matin à Blida du plus
énorme procès du plus gigantesque scandale financier
du siècle.»
Hi !Hi !Ha !Ha !Ho !Ho!
Crime barbare. Pendaison honteuse. Justice irakienne télécommandée depuis
Washington. Gouvernement irakien auxiliaire des républicains et de Bush. Entre
nous, entre adultes, on peut tout se dire sur l’exécution de Saddam. Pour.
Contre. Partagé. Horrifié. Satisfait. Révulsé. Chacun a le droit de dire,
d’exprimer son avis sur un épisode marquant, dans tous les sens du terme. Mais
entre adultes, SVP ! Ces parents algériens de nouveaux-nés algériens avaient-ils
besoin d’aller coller à leurs enfants, à peine sortis du ventre de mamans encore
dans les vapes, le «doux» prénom de Saddam Hussein ? De quel droit affubler un
innocent bébé de ce nom et de ce prénom si lourds à porter ? Nous ne sommes pas
là dans une manifestation de rue où des adultes, une ou deux petites heures
durant, porteront à bout de bras les portraits de l’ancien président irakien,
scanderont un chapelet d’insultes envers les USA et leurs alliés, puis rangeront
leurs banderoles et leurs pancartes et rentreront tranquillement chez eux. Un
chez eux sur la porte duquel est apposée une plaque avec des prénoms comme
«Mohamed», «Selim», «Tahar» ou «Kaddour». Alors, pourquoi tous les Kaddour
d’Algérie marquent-ils ainsi au fer rouge des nouveaux-nés ? Pourquoi mêle-t-on
des «malayka » à nos ratatouilles d’adultes ? Pourquoi diantre condamner un «yechir»
à répondre systématiquement lorsqu’on l’appellera dans la rue, à l’école ou à
une frontière «Hé ! Ho ! Saddam Hussein !» ? Déjà que nos enfants n’ont pas
demandé à venir, à être parachutés, à naître en Algérie, ici et maintenant. Si
en plus de les faire naître au milieu de Aboudjerra Soltani, Abdelaziz Belkhadem
et Abdekka, nous les affublons du prénom de Saddam Hussein, c’est que, quelque
part, nous parents, nous ne valons pas mieux que les barbares qui ont pendu le
dictateur de Baghdad. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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