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Belkhadem à propos du FLN : «Beaucoup nous jalousent et nous
envient notre statut de poids lourd.»
Allez ! Ouste ! Au contrôle technique. Comme les autres !
Je soumets l’idée. Certes, à contre-courant de ce qui se dit et s’écrit sur
l’ancien généreux golden boy, devenu aujourd’hui pestiféré, mais j’ose tout de
même la proposition. Une fois que le mandat présidentiel actuel sera achevé, et
si les intentions de mandature à vie que l’on prête à Abdekka ne sont que
rumeurs et affabulations, je verrais bien Moumen Khalifa briguer l’investiture
suprême. Car, finalement, et au vu du nombre astronomique de personnes de haut
rang, de haut vol et de haute responsabilité qui sont citées dans ce procès et
qui se disent pour beaucoup victimes de cette formidable capacité de convaincre
et de séduire du jeune ex-patron, cet homme n’est pas à condamner, mais à élever
au rang de génie. Parce qu’à les écouter, ils seraient tous et toutes les
victimes de cet Arsène Lupin algérien, un héros qui n’a rien à envier au
pâlichon personnage de Maurice Leblanc. Ne soyons pas de mauvaise foi et saluons
la performance : Rafik, 36 ans, seul face à des centaines, voire des milliers de
pointures aux tempes grisonnantes, à l’expérience de la vie et de la gouvernance
colossale et rompues aux pratiques de gestion. En théorie, il ne devrait pas y
avoir photo. Le petiot de 36 ans n’aurait pas dû dépasser le cap du petit bureau
du petit receveur de la petite annexe du petit bureau de poste de n’importe quel
petit quartier de n’importe quelle ville du pays. Et pourtant, on nous dit, on
nous suggère, on nous explique que cet «ado» les a tous blousés, leur en a tous
mis plein les mirettes, jusqu’à les faire ramper. Au-delà du fait que c’est là
un exploit à répertorier dans les livres des performances et records, je
trouverais dommage de nous passer de la maestria et du savoir-faire frisant le
divin de Rafik Moumen Khalifa. Réfléchissons bien avant de le sacrifier, de le
condamner. Car tout le gratin, toute la jet-set de la gouvernance algérienne ne
nous délivre finalement qu’un seul message, un message qui m’effraie et me
fascine en même temps, un message terrible de tonalité désespérante quant à
l’avenir de ce pays : «Oui ! Un seul homme, un gamin de 36 ans nous a tous
engloutis dans sa spirale. Nous a mangés, nous a avalés avant que nous ne
mangions dans sa main.» Bonté divine ! Un tel aveu vaut tous les comités de
soutien à l’élection de Rafik à la tête du pays. Au moins, là, avec lui, nous
serions sûrs d’avoir voté pour un mec qui sait convaincre. Je fume du thé et je
reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
P. S. : A mon ami, à mon frère aîné Maâmar Farah. Les mots. En
définitive, avec les larmes ne nous restent que les mots pour dire notre
détresse, celle de la séparation, de la déchirure avec nos êtres aimés. Reçois
ce maigre soutien, mes mots pour saluer la mémoire de ton oncle, parti vers un
monde fatalement meilleur, vu ce qui se passe dans ce monde-ci. Ta douleur est
la mienne, Maâmar. Ton courage dans l’épreuve m’est antérieur. Tiens bon, frère.
Le fumeur de thé
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