Mercredi 10 Janvier 2007
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MOUMEN PRESIDENT, RAFIK 1er MINISTRE !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Belkhadem à propos du FLN : «Beaucoup nous jalousent et nous
envient notre statut de poids lourd.»

Allez ! Ouste ! Au contrôle technique. Comme les autres !

Je soumets l’idée. Certes, à contre-courant de ce qui se dit et s’écrit sur l’ancien généreux golden boy, devenu aujourd’hui pestiféré, mais j’ose tout de même la proposition. Une fois que le mandat présidentiel actuel sera achevé, et si les intentions de mandature à vie que l’on prête à Abdekka ne sont que rumeurs et affabulations, je verrais bien Moumen Khalifa briguer l’investiture suprême. Car, finalement, et au vu du nombre astronomique de personnes de haut rang, de haut vol et de haute responsabilité qui sont citées dans ce procès et qui se disent pour beaucoup victimes de cette formidable capacité de convaincre et de séduire du jeune ex-patron, cet homme n’est pas à condamner, mais à élever au rang de génie. Parce qu’à les écouter, ils seraient tous et toutes les victimes de cet Arsène Lupin algérien, un héros qui n’a rien à envier au pâlichon personnage de Maurice Leblanc. Ne soyons pas de mauvaise foi et saluons la performance : Rafik, 36 ans, seul face à des centaines, voire des milliers de pointures aux tempes grisonnantes, à l’expérience de la vie et de la gouvernance colossale et rompues aux pratiques de gestion. En théorie, il ne devrait pas y avoir photo. Le petiot de 36 ans n’aurait pas dû dépasser le cap du petit bureau du petit receveur de la petite annexe du petit bureau de poste de n’importe quel petit quartier de n’importe quelle ville du pays. Et pourtant, on nous dit, on nous suggère, on nous explique que cet «ado» les a tous blousés, leur en a tous mis plein les mirettes, jusqu’à les faire ramper. Au-delà du fait que c’est là un exploit à répertorier dans les livres des performances et records, je trouverais dommage de nous passer de la maestria et du savoir-faire frisant le divin de Rafik Moumen Khalifa. Réfléchissons bien avant de le sacrifier, de le condamner. Car tout le gratin, toute la jet-set de la gouvernance algérienne ne nous délivre finalement qu’un seul message, un message qui m’effraie et me fascine en même temps, un message terrible de tonalité désespérante quant à l’avenir de ce pays : «Oui ! Un seul homme, un gamin de 36 ans nous a tous engloutis dans sa spirale. Nous a mangés, nous a avalés avant que nous ne mangions dans sa main.» Bonté divine ! Un tel aveu vaut tous les comités de soutien à l’élection de Rafik à la tête du pays. Au moins, là, avec lui, nous serions sûrs d’avoir voté pour un mec qui sait convaincre. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

P. S. : A mon ami, à mon frère aîné Maâmar Farah. Les mots. En définitive, avec les larmes ne nous restent que les mots pour dire notre détresse, celle de la séparation, de la déchirure avec nos êtres aimés. Reçois ce maigre soutien, mes mots pour saluer la mémoire de ton oncle, parti vers un monde fatalement meilleur, vu ce qui se passe dans ce monde-ci. Ta douleur est la mienne, Maâmar. Ton courage dans l’épreuve m’est antérieur. Tiens bon, frère.
Le fumeur de thé

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