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«Comment Moumen a-t-il pu blouser tout le monde ?»
Parce qu’il avait un bon avocat !
Doutant un peu de la teneur des propos, interloqué même qu’ils puissent avoir
été prononcés par un ministre s’étant bruyamment exprimé il y a peu sur la
question de la corruption, je m’en suis allé demander à mon collègue du Soir
d’Algérie Chérif confirmation. Et Chérif qui était à portée d’oreilles et d’yeux
de Aboudjerra Soltani m’a confirmé la chose : à propos de l’affaire Khalifa, le
ministre d’Etat, patron du MSP, a bien déclaré qu’il se présenterait à la barre
quand il jugera opportun de le faire. Ben dis donc ! En vertu de quoi, m’sieur ?
J’ai beau vous regarder, vous avez allure humaine. J’ai beau compter vos bras et
jambes. Vous en avez bien quatre, deux bras et deux jambes. J’ai beau vous
écouter, le son de votre voix sort de votre bouche, pas de vos narines ni de vos
oreilles. Vous êtes comme tout le monde, classiquement répertorié dans le
biotope «HUMAIN». Alors ? Par quel miracle, en vertu de quelle alchimie, et par
le truchement de quel «herz» vous avez, vous, le loisir de choisir le jour et
l’heure auxquels vous irez témoigner au tribunal ? Je pensais que c’était à la
justice et à elle seule de juger de l’opportunité ou non d’un témoignage et du
jour et de l’heure de recevoir ce témoignage. Pour ne citer qu’un exemple, celui
que je connais plus ou moins bien, le mien ! Lorsque je suis convoqué par un
juge, j’y vais au jour et à l’heure qui sont inscrits sur la convocation.
Justiciable comme tout le monde, je ne vais tout de même pas me lever un matin,
écarter les rideaux de la fenêtre de la chambre et m’écrier «Ah ! Quel beau
temps ! Une journée idéale, ma foi ! C’est décidé, je juge opportun d’aller
déposer aujourd’hui devant le juge !» Au-delà des odeurs nauséabondes d’impunité
qui se dégagent de tels propos, je trouve un tantinet insultant de faire montre
d’autant de désinvolture à la face de juges comme celle qui mène en ce moment
les débats à Blida. Une magistrate qui, pour l’avoir eue en face de moi à
plusieurs reprises dans ma position de prévenu, ne m’a pas laissé le souvenir
traumatisant d’une personne aux ordres ou particulièrement acharnée à détruire,
à casser. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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