Panorama : IRAK
Bush envoie des renforts militaires en Irak


George W. Bush, loin d'annoncer un retrait d'Irak souhaité par l'opposition démocrate et la majorité de la population américaine, va envoyer 21.500 militaires américains supplémentaires en Irak, pour tenter de remettre sur pied ce pays au bord de la guerre civile. Dans le cadre d'une nouvelle stratégie définie par le président, 4.000 Marines supplémentaires vont être déployés dans la province irakienne de Al- Anbar et 17.500 soldats à Baghdad, s'ajoutant aux 132.000 militaires américains déjà présents en Irak, selon la Maison Blanche.
Cet énième plan, au coût total de 6,8 milliards de dollars, devait être détaillé par George W. Bush à 21H00 locales (02H00 GMT jeudi) lors d'une allocution télévisée. Les Etats-Unis ont déjà dépensé 350 milliards depuis l'invasion du 20 mars 2003. Sur la nouvelle enveloppe budgétaire attendue, un milliard est prévu pour relancer l'économie, la société civile, les infrastructures et le système judiciaire de l'Irak, dévastés par la guerre. La Maison Blanche compte voir des progrès tangibles dès août et le président devait demander au gouvernement irakien d'assumer le contrôle du pays au plus tard en novembre. George W. Bush va dire "très clairement" aux Irakiens que l'engagement américain n'est pas "illimité et qu'ils doivent changer leur façon de procéder en Irak", a résumé le directeur de la communication de la Maison Blanche, Dan Bartlett. Les troupes américaines vont aussi "intensifier leurs efforts pour combattre l'influence iranienne et syrienne à l'intérieur de l'Irak", indique un document sur la nouvelle stratégie américaine publié par la Maison Blanche. Les Etats-Unis reprochent depuis longtemps à la Syrie et à l'Iran de contribuer à la déstabilisation de l'Irak. Selon un responsable américain, l'envoi de 21.500 hommes supplémentaires se fera progressivement avec des premiers renforts attendus le 15 janvier et une deuxième vague un mois plus tard. Près de quatre ans après l'invasion de l'Irak, plus de 3.000 soldats américains sont morts et plus de 22.000 ont été blessés alors que la violence a redoublé depuis le début de l'année. Mercredi, 18 personnes ont été tuées en Irak, dont 11 pèlerins chiites, et 60 corps de personnes assassinées retrouvés. En moyenne, plus de 100 civils sont tués chaque jour en Irak. George W. Bush, qui espère que cet ultime plan pour l'Irak sauvera ses deux dernières années de mandat, va se heurter à l'opposition des démocrates, majoritaires au Congrès depuis début janvier et qui combattaient depuis plusieurs semaines l'idée d'un renforcement en Irak du dispositif militaire. "Le président va dire très clairement qu'il y a eu des erreurs avec les opérations précédentes, qu'il n'y avait pas assez de troupes irakiennes ou américaines, que les règles d'engagement pour mener les opérations n'étaient pas assez précises", a fait valoir Dan Bartlett à la chaîne de télévision CBS. Les démocrates, qui n'ont pas de moyens légaux de s'opposer à l'envoi de nouvelles troupes en Irak, ont annoncé vouloir organiser un vote au Congrès sur la nouvelle stratégie du président républicain. "Soutenez-vous la politique du président?", sera la question posée, a indiqué la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, après avoir eu une présentation à la Maison Blanche du nouveau plan de George W. Bush. C'était une "notification, pas des consultations", a-t-elle relevé. La nouvelle stratégie américaine équivaut à demander "une escalade de la guerre en Irak", a dénoncé Harry Reid, chef de la majorité démocrate au Sénat. Pour le sénateur démocrate Edward Kennedy, l'Irak est devenu "le Vietnam de George Bush". "La seule solution rationnelle à la crise est politique, pas militaire", estime-t-il.

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