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«Procès Khalifa. Visiblement fatigué, le caissier principal
a demandé à la présidente une …
… petite coupure de séance
Les amis, il va bien nous falloir choisir. Et vite. Choisir entre l’Algérie
de Lacheraf et celle de Aboudjerra Soltani. Sans mauvais jeu de mots, choisir
entre une Algérie qui se meurt chaque jour un peu plus et une autre qui vit de
ses petites vies, de ces deals quotidiens, de ses fils et frères «qui sont
majeurs, universitaires, vaccinés et qui ont le droit de bosser là où ils
veulent». Choisir entre les parcours aussi. Celui de cet homme pétri dans les
livres, pétrisseur de livres et accoucheur de vocations universitaires
multiples. Ou alors opter sans suer de la moustache pour le parcours de ce «azzam»,
ce sorcier exorciste promu à siéger dans le cénacle de nos décideurs, le
gouvernement. On ne peut pas indéfiniment avoir les fesses entre deux chaises.
On ne peut pas vouloir revendiquer Lacheraf et le charlatanisme des exorcistes.
On ne peut pas se dire empreint de l’universalisme de Lacheraf et se passionner
pour les tribulations des enfants de Benhadj et de Layada. Car l’Algérie de
Soltani est aussi ce pays où les faits et gestes des avortons du numéro 2 du FIS
et du fondateur du GIA deviennent une affaire d’Etat. Choisir ! Choisir vite !
Comme une urgence. L’urgence de dire que l’Algérie n’a pas seulement enfanté des
mecs et des nanas faisant la queue pour des cartes de voyages gratuits ou des
cures de thalasso. Choisir ! Choisir vite ! Car une des deux Algérie se meurt,
espèce non protégée, chassée, exclue, raillée même car ne correspondant plus aux
normes admises de la réussite. Choisir ! Choisir vite, car déjà, maintenant,
aujourd’hui que des ministres de la République sont suspendus aux lèvres
candides d’une secrétaire de direction, il me semble que nous avons déjà choisi.
Et ce choix-là ne ressemble en rien à l’Algérie de Lacheraf. Je fume du thé et
je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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