Mardi 16 Janvier 2007
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DE CHRISTOPHE COLOMB A BLIDA EN PASSANT PAR HASSI MESSAOUD !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

«Procès Khalifa. Comparution très attendue ce mardi. Celle du...

…python d’El Harrach.»

Comme nous avons tous un peu grandi, comme nous avons appris à nous méfier des leurres, comme nous ne sommes plus tout à fait dans la peau des Indiens attendant sur la plage, le 12 octobre 1492, d’échanger de l’or pur contre de la verroterie apportée dans les soutes des navires de Colomb, nous allons tenter ce matin de voir ailleurs que là où nos éclairés et pas très éclairants dirigeants voudraient nous voir regarder. Bizarrement, loin du brouhaha entretenu à Blida, loin de l’orchestration au synthé du plus gros scandale du siècle, il se passe des trucs de chez «trucmuche». Des machins pas très catholiques, ou plus exactement des bidules pas très musulmans. Des entreprises liées plus ou moins directement au secteur pétrolier sont sommées de se dissoudre. Et pas n’importe quelle entreprise ! De celles qui étaient en mesure, il y a quelques mois encore, de facturer le traversin et la lampe de chevet à quelques bons milliers d’euros. Même si personne ne le reconnaîtra maintenant, on a l’impression que la patate est tellement chaude, limite brûlante, qu’il faut, non pas la refiler, mais carrément la balancer dans un bain cryogénique, dans le bassin d’eau froide qui la fera se ratatiner comme un vulgaire mauvais souvenir. Consigne aurait donc été donnée à ces entrepreneurs connexes du pétrole de se saborder en marge du procès de Blida, à l’ombre de ce vacarme blidéen dont même les décibels semblent avoir été réglés par avance pour couvrir tout le reste. Seulement voilà, dans ce «tout le reste», il y a une grosse boîte versée dans le pétrole et les services annexes à l’or noir. Et par expérience, par conviction profonde, lorsque l’on veut sérieusement évoquer le problème de la corruption en Algérie, j’ai appris qu’il ne fallait pas gratter trop loin des puits de pétrole et de leur banlieue proche. Dans cet ordre d’idées, je ne pense pas que les trous de mémoire d’un vieux notaire, les approximations d’un clerc devenu bras droit, les balbutiements d’un caissier, fût-il principal, et les couinements d’une secrétaire, fussent-ils jouissifs pour l’assistance, peuvent faire oublier que l’argent, l’argent massif, l’argent à gros bouillons, le fric à grosses pompes s’est toujours fait à l’ombre des derricks. D’où ce rappel amical aux Indiens qui, comme moi, auraient tendance à perdre beaucoup de temps sur les improbables plages blidéennes alors que le gros de l’affaire se passe au Val d’Hydra. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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