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En réaction aux déclarations du ministre Djiar qui
annonce le prochain lancement de la TNT en Algérie,
le GIA et le GSPC s’insurgent : «Nous étions les premiers
!»
Ce qui est vrai !
J’en viendrais presque à revendiquer le re-traçage de la fameuse ligne verte
sur l’autoroute pour avoir enfin la sensation qu’un grand événement arabe se
tient à Alger. Plus de 500 milliards mis sur la table, et mon nez renifleur ne
happe pas un soupçon de senteur arabe dans l’air. J’ai beau arpenter les rues et
ruelles de la ville, c’est à peine si le concept «Alger, capitale de la culture
arabe» se traîne poussivement sur quelques affiches hideuses et dans quelques
spots dont la conception devrait être enseignée dans les écoles comme modèle à
ne surtout pas suivre. C’est à peine si, de temps à autre, au détour d’une rue
triste à souhait, vous ne tombez pas nez à nez sur une «troupe artistique»
elle-même semblant perdue là, se demandant comment elle a atterri dans ce
patelin et ce qu’elle est censée y faire. J’ai eu ainsi l’autre jour à me
retrouver face à un derviche tourneur jordanien ou syrien au bord des larmes car
ayant perdu le reste de sa délégation. Avec la ligne verte, un tel incident ne
se serait jamais produit. En vérité, et même si nous n’en sommes qu’aux
premières semaines de cette curieuse «année arabe d’Alger», il faudra bien
admettre un jour ceci : l’Algérie a casqué 500 milliards pour découvrir que sa
capitale n’a jamais été arabe, ne l’est pas aujourd’hui et ne le sera
probablement jamais. Ça fait tout de même cher la recherche en identité ! Alger
respire par tous ses pores sa berbérité. Alger respire par tous ses pores sa "méditerranéité"
complexe. Alger respire par tous ses pores son africanité. On a même fait
respirer de force à Alger son hispanité, son «ottomanéité» et sa «francité».
Elle en respire aujourd’hui encore, malgré les dégâts dus au temps et à la
bêtise architecturale des hommes. Mais d’arabité, point. Ou du moins, pas de
cette arabité bédouine et tellement étrangère à l’entrelacs délicieux des rues
de sa Casbah, tellement étrangère à sa précoce et pionnière citadinité fièrement
affichée en promontoire surplombant presque la mer. Alger, capitale des
Algériens, oui ! Alger, carrefour afro-méditerranéen, oui ! Mais, Alger,
capitale des cultures arabes ? J’en doute. Et moi, quand je doute, je fume du
thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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