Samedi 20 Janvier 2007
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UN FANTASME A 500 MILLIARDS !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

En réaction aux déclarations du ministre Djiar qui
annonce le prochain lancement de la TNT en Algérie,
le GIA et le GSPC s’insurgent : «Nous étions les premiers

Ce qui est vrai !

J’en viendrais presque à revendiquer le re-traçage de la fameuse ligne verte sur l’autoroute pour avoir enfin la sensation qu’un grand événement arabe se tient à Alger. Plus de 500 milliards mis sur la table, et mon nez renifleur ne happe pas un soupçon de senteur arabe dans l’air. J’ai beau arpenter les rues et ruelles de la ville, c’est à peine si le concept «Alger, capitale de la culture arabe» se traîne poussivement sur quelques affiches hideuses et dans quelques spots dont la conception devrait être enseignée dans les écoles comme modèle à ne surtout pas suivre. C’est à peine si, de temps à autre, au détour d’une rue triste à souhait, vous ne tombez pas nez à nez sur une «troupe artistique» elle-même semblant perdue là, se demandant comment elle a atterri dans ce patelin et ce qu’elle est censée y faire. J’ai eu ainsi l’autre jour à me retrouver face à un derviche tourneur jordanien ou syrien au bord des larmes car ayant perdu le reste de sa délégation. Avec la ligne verte, un tel incident ne se serait jamais produit. En vérité, et même si nous n’en sommes qu’aux premières semaines de cette curieuse «année arabe d’Alger», il faudra bien admettre un jour ceci : l’Algérie a casqué 500 milliards pour découvrir que sa capitale n’a jamais été arabe, ne l’est pas aujourd’hui et ne le sera probablement jamais. Ça fait tout de même cher la recherche en identité ! Alger respire par tous ses pores sa berbérité. Alger respire par tous ses pores sa "méditerranéité" complexe. Alger respire par tous ses pores son africanité. On a même fait respirer de force à Alger son hispanité, son «ottomanéité» et sa «francité». Elle en respire aujourd’hui encore, malgré les dégâts dus au temps et à la bêtise architecturale des hommes. Mais d’arabité, point. Ou du moins, pas de cette arabité bédouine et tellement étrangère à l’entrelacs délicieux des rues de sa Casbah, tellement étrangère à sa précoce et pionnière citadinité fièrement affichée en promontoire surplombant presque la mer. Alger, capitale des Algériens, oui ! Alger, carrefour afro-méditerranéen, oui ! Mais, Alger, capitale des cultures arabes ? J’en doute. Et moi, quand je doute, je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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