Actualités : Des femmes juges pour les grands procès

Elles ont pour noms Aslaoui, Aït Hamlat, Benyoucef et Brahimi. Elles ont au moins deux points en commun : elles sont magistrates et toutes les quatre ont eu à présider un tribunal pour juger de grandes affaires dans une conjoncture politique particulière.
Saïda Azzouz - Alger (Le Soir) - Curieux hasard ! Celui-là qui fait que presque tous les grands procès, quand ils ne sont pas jugés par un tribunal militaire, «échoient» entre les mains de femmes. Depuis le 8 janvier dernier, F. Brahimi, jusque-là anonyme — bien que connue par les journalistes poursuivis pour diffamation, puisque très souvent elle a été assesseur dans un des tribunaux d’Alger où ont eu à comparaître les journalistes poursuivis pour leurs écrits — préside le tribunal qui doit trancher l’affaire Khalifa. Un procès des plus médiatisés car des plus attendus puisque censé faire toute la lumière sur «l’affaire et la banqueroute Khalifa». Un procès qui met la présidente du tribunal criminel de Blida au-devant de la scène médiatique et politique. Chaque jour un peu plus. Et davantage quand elle aura à prononcer son verdict dans cette affaire que d’aucuns qualifient de scandale du siècle puisque y seraient impliqués des hauts cadres de l’Etat, dont des ministres. Une expérience qu’a vécue avant elle Ania Benyoucef, alors présidente de la chambre administrative du tribunal d’Alger qui, le 30 décembre 2003, prononçait l’invalidation du 8ème congrès du FLN, le gel de ses avoirs et de toutes ses activités. Un verdict qui, du coup, interdisait à Ali Benflis, candidat potentiel à la présidence, de se présenter sous les couleurs de son parti. Plus récemment, cette même magistrate a eu à juger l’affaire dite de la Cnan suite au naufrage du Bechar et de l’échouage du Batna. Le procès s’était soldé par la condamnation des cadres de la Cnan, dont le Pdg, à de lourdes peines de prison ferme. Elle a eu également à juger l’affaire dite Frikh, du nom du wali d’Oran poursuivi pour, entre autres délits, mauvaise gestion et trafic de foncier. Autre nom de juge femme, que l’histoire retiendra, c’est celui de Aït Hamlat. Elle avait eu le premier trimestre 1992 à traiter le dossier du Front islamique du salut (FIS). La chambre administrative du tribunal de Sidi M’hamed qu’elle présidait prononçait, le 4 mars de la même année, la dissolution du parti islamiste. Autre conjoncture politique, autre procès. Celui des étudiants poursuivis pour «berbérisme ». C’était en 1980, au lendemain des manifestations du Printemps berbère. La magistrate avait pour nom Leïla Aslaoui. Cette dame, dont le nom est à jamais lié à l’affaire dite «Hadjout», ou les malversations et la mauvaise gestion de l’Office du Complexe olympique (OCO). Un scandale financier qui, à l’époque, avait défrayé la chronique. S. A.

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