Mardi 23 Janvier 2007
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LE MYSTERE DE LA POMME DE TERRE !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Qu’est-ce qui a changé dans les relations entre l’Algérie et la
France ? Avant, de Gaulle lançait : «Je vous ai compris ! ».
Aujourd’hui, Debré au sortir d’un entretien avec Saâdani
avoue…


… «Je n’ai rien compris ! »

A. A. est un lecteur assidu de la presse algérienne et étrangère. Il est d’une vigilance rarement prise en défaut. Il lit, dissèque, analyse, soupèse chaque mot et se fait son idée sur ce qui se passe en ce très bas monde. Il lui arrive parfois, lorsque ses sens en éveil repèrent une «anomalie» de me la signaler. C’est ce qu’il vient de faire. A. A. a lu avant-hier dimanche, dans un journal algérien, cette dépêche APS qui annonce qu’un «accord-cadre entre des producteurs de pomme de terre d’une exploitation agricole spécialisée dans cette culture à El Mnaguer, à El Oued, et un opérateur italien, le groupe Lumica, a été signé vendredi à El Oued, sous l’égide de la Chambre d’agriculture de la wilaya. (…) Un premier chargement d’exportation de la pomme de terre d’El Oued d’un poids de vingt tonnes sera exporté (…) vers le port italien de Gênes». Bien sûr, A. A. se garde bien de porter un jugement sur cette exploitation de pommes de terre d’El Oued. En fait, il se félicite que des opérateurs algériens fassent ainsi preuve d’initiatives et s’ouvrent à des marchés étrangers. Mais en même temps, A. A. est un citoyen algérien interloqué, quelque peu incrédule. A. A. achète aujourd’hui encore sa pomme de terre à 55DA au marché, à 40 lorsqu’il a la chance de croiser une camionnette vendant le tubercule à la sauvette. A. A. précise qu’il comprend bien que le marché est libre, que les prix le sont aussi. Mais le bon sens de A. A. n’arrive tout de même pas à saisir la complexité et la logique d’un circuit dans lequel le consommateur algérien paie aussi cher une pomme de terre qui, par ailleurs, s’exporte vers l’Italie. A. A. ne veut pas polémiquer. Il veut juste qu’on lui explique le truc, qu’on lui décrypte cette petite énigme. Comment un produit sous tension extrême, valant la peau non épluchée des fesses peut être l’objet d’un contrat d’exportation ? S’il vous plaît, répondez-lui ! Car, depuis que A. A. a lu cette information sur la pomme de terre d’El Oued vendue en Italie, les frites n’ont plus le même goût pour lui. Et je ne vous parle même pas du gratin. Ni des pommes dauphinoises. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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