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Qu’est-ce qui a changé dans les relations entre l’Algérie et la
France ? Avant, de Gaulle lançait : «Je vous ai compris ! ».
Aujourd’hui, Debré au sortir d’un entretien avec Saâdani
avoue…
… «Je n’ai rien compris ! »
A. A. est un lecteur assidu de la presse algérienne et étrangère. Il est
d’une vigilance rarement prise en défaut. Il lit, dissèque, analyse, soupèse
chaque mot et se fait son idée sur ce qui se passe en ce très bas monde. Il lui
arrive parfois, lorsque ses sens en éveil repèrent une «anomalie» de me la
signaler. C’est ce qu’il vient de faire. A. A. a lu avant-hier dimanche, dans un
journal algérien, cette dépêche APS qui annonce qu’un «accord-cadre entre des
producteurs de pomme de terre d’une exploitation agricole spécialisée dans cette
culture à El Mnaguer, à El Oued, et un opérateur italien, le groupe Lumica, a
été signé vendredi à El Oued, sous l’égide de la Chambre d’agriculture de la
wilaya. (…) Un premier chargement d’exportation de la pomme de terre d’El Oued
d’un poids de vingt tonnes sera exporté (…) vers le port italien de Gênes». Bien
sûr, A. A. se garde bien de porter un jugement sur cette exploitation de pommes
de terre d’El Oued. En fait, il se félicite que des opérateurs algériens fassent
ainsi preuve d’initiatives et s’ouvrent à des marchés étrangers. Mais en même
temps, A. A. est un citoyen algérien interloqué, quelque peu incrédule. A. A.
achète aujourd’hui encore sa pomme de terre à 55DA au marché, à 40 lorsqu’il a
la chance de croiser une camionnette vendant le tubercule à la sauvette. A. A.
précise qu’il comprend bien que le marché est libre, que les prix le sont aussi.
Mais le bon sens de A. A. n’arrive tout de même pas à saisir la complexité et la
logique d’un circuit dans lequel le consommateur algérien paie aussi cher une
pomme de terre qui, par ailleurs, s’exporte vers l’Italie. A. A. ne veut pas
polémiquer. Il veut juste qu’on lui explique le truc, qu’on lui décrypte cette
petite énigme. Comment un produit sous tension extrême, valant la peau non
épluchée des fesses peut être l’objet d’un contrat d’exportation ? S’il vous
plaît, répondez-lui ! Car, depuis que A. A. a lu cette information sur la pomme
de terre d’El Oued vendue en Italie, les frites n’ont plus le même goût pour
lui. Et je ne vous parle même pas du gratin. Ni des pommes dauphinoises. Je fume
du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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