Mercredi 24 Janvier 2007
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Le Soir Retraite : LA FAILLITE DE LA LIBERALISATION DES SYSTEMES DE RETRAITE EST MONDIALEMENT RECONNUE
L'échec total de l'expérience chilienne met à nu les mensonges des institutions internationales


Ceux qui en Algérie seraient tentés de rééditer la réforme chilienne des retraites — et ils sont encore nombreux au sein des institutions de l’Etat en Algérie —, feraient mieux de battre en retraite : l’expérience du Chili qui a ultralibéralisé son système de retraite — sur fond d’une très longue dictature —, a lamentablement échoué. Les résultats, plus de 20 ans après, sont plus que désastreux.

Et dire que pendant deux décennies le FMI et la Banque mondiale s’étaient faits les chantres de cette expérimentation à très grande échelle en nous en vantant les mérites à longueur d’études, de statistiques et de colloques un peu partout dans le monde, avec d’abondants satisfecit à l’appui : tout cela était faux. On nous a menti ! Ces mêmes institutions financières internationales ont d’ailleurs essayé durant de très longues années d’implanter l’expérience chilienne en Algérie en essayant tout d’abord d’exploiter la période du programme de réajustement structurel et du remboursement de la dette, puis en mobilisant des partisans de cette libéralisation des retraites au sein des ministères des Finances et de la Sécurité sociale, heureusement sans succès, même si elles ont réussi à ouvrir de larges brèches dans le système de retraite (anticipée, sans condition d’âge, proportionnelle, etc.). La forte et durable résistance en Algérie de pans entiers de la société contre ces tentatives de libéralisation du système de retraite a été payante, mais la vigilance est toujours de mise, car les partisans de l’ultralibéralisme ne désespèrent pas pour autant d’imposer leur projet. Nous revenons ci-dessous sur le désastre chilien et ce qui attend la nouvelle présidente du pays de feu Salvatore Allende. Djilali Hadjadj

Le 11 décembre 2004 aux USA, alors que les médias en parlaient à peine, Lyndon LaRouche a lancé une campagne pour faire capoter le projet de privatisation des retraites promu par le président Bush, en montrant notamment que la “réforme” du régime des retraites public que le nouveau gouvernement cherche à imposer aux Américains est calquée sur le modèle chilien du dictateur Pinochet. “Ce sera, dit LaRouche, un hold-up cent fois pire qu’Enron.” Or, si son projet est rejeté, estimait LaRouche le 11 janvier 2005, le gouvernement Bush II n’aura pas carte blanche, mais il lui faudra composer avec un Congrès (démocrates plus quelques républicains) à qui il devra rendre des comptes. Entre-temps, la controverse sur les retraites est devenue le grand thème de politique intérieure aux Etats-Unis et le rôle décisif joué par LaRouche est largement reconnu. L’offensive est lancée pour faire échec au projet. L’Association américaine des retraités (AARP) a investi plus de 20 millions de dollars dans des annonces hostiles au projet, publiées dans une soixantaine de journaux à travers le pays, et elle milite activement contre la privatisation auprès du Congrès. L’opposition au “plan Pinochet”, comme l’a surnommé LaRouche, s’étend rapidement, y compris dans les colonnes du New York Times, réduisant considérablement la marge de manœuvre de Bush. Le 27 janvier 2005, le New York Times publiait à la “une” un article sur la faillite du modèle chilien de privatisation des retraites. En commentant cet article, la ABC News note : “Empruntant une page à Lyndon LaRouche, le New York Timesécrit que la privatisation des retraites au Chili, basée sur des comptes personnels, ne marche pas très bien”. L’article note que la moitié des retraités chiliens ne sont pas couverts par le système de retraites public, que les comptes privés sur lesquels sont versées les cotisations constituent un véritable pactole pour les établissements qui les gèrent (les commissions représentent jusqu’à un tiers du montant des fonds versés dans ces comptes privés) alors que les retraités vivent dans la pauvreté, etc. Selon le New York Times, l’Etat chilien consacre actuellement 26% de son budget aux allocations retraite, soit une part plus grande qu’en 1981, date de l’entrée en vigueur de la privatisation des pensions de retraite. Plusieurs Chiliens interviewés pour l’occasion décrivent la faillite du système, et l’un d’entre eux, fonctionnaire, commente : “Nous avons un système qui est bon pour le Chili, mais mauvais pour la plupart des Chiliens. Si les gens avaient le choix, 90% opteraient pour un retour à l’ancien système.”

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