Actualités : SONELGAZ DE BOUMERDES
Entre l'obligation de fournir l'énergie et le phénomène de fraude


Coupures intempestives, pannes, réseaux défectueux, contestations de factures salées… ce sont quelques remarques que font généralement les citoyens sur la Sonelgaz. Qui n’a pas, un jour, critiqué la Sonelgaz ? Et pour cause, cette entreprise étatique, restructurée depuis peu en SPA, est un partenaire très important des citoyens.
En effet, elle est chargée, par l’utilisation de ses réseaux, de ses structures et de son organisation, moyennant paiement des factures, de mettre à la disposition des citoyens, des administrations et des unités de production de l’énergie (électricité et gaz). La consommation de cette énergie, de par sa nécessité impérieuse quotidienne, est devenue l’un des droits fondamentaux pour les Algériens. Sensibles sur la place essentielle qu’occupe leur entreprise, les responsables de cette société, seront dans l’obligation d’opter pour l’amélioration des relations avec les citoyens clients d’autant plus que la concurrence s’impatiente dores et déjà pour grignoter des parts de marché dans le secteur de la distribution de l’énergie. C’est ce que nous avons décelé dans les propos de Mme Gaceb, directrice régionale de Boumerdès (wilaya de Boumerdès plus les six communes de la daïra de Rouiba) Pour la région dont elle est responsable, Mme Gaceb insiste sur la qualité des relations commerciales à entretenir avec les abonnés de Sonelgaz ainsi que la bonne communication et le travail de proximité à instaurer en direction des consommateurs «si un client se présente chez moi, cela signifie qu’il n’a pas été correctement écouté dans l’une de nos agences». Précisément, à écouter la patronne de la Direction régionale de Boumerdès, plusieurs actions ont été réalisées ou sont programmées, en amont et en aval du secteur de la distribution de l’énergie, pour améliorer les prestations, renforcer la lutte contre la fraude, endiguer les pertes de l’énergie et consolider les capacités de prise en charge des problèmes des abonnés. La DRB, pour rappel, gère un portefeuille clientèle composé de 178 000 abonnés ordinaires (pour l’électricité uniquement), 46 000 abonnés pour le gaz et 1 200 administrations et unités de production connectées aux réseaux. Des améliorations sont prévues, entre autres Khemis-El-Khechna et Reghaïa qui verront bientôt l’ouverture d’agences clientèle. Ce qui soulagera sans doute celle de Rouiba tant décriée par les abonnés. Cette dernière sera transférée par ailleurs, note Mme Gaceb, vers le centre-ville. En outre, la Sonelgaz de Boumerdès a recruté des techniciens supérieurs qui sont en formation et seront versés dans la mission des relevés des consommations, «nous avons besoin d’agents compétents, qui sauront quoi dire à nos abonnés au cas où ceux-ci poseront des questions ou chercheront des solutions à leurs problèmes». A l’occasion, la responsable régionale nous rappelle que 480,05 MDA ont été consentis durant l’année fiscale de 2006 uniquement, par la direction générale pour la région de Boumerdès afin de prendre en charge les grands travaux de maintenance sur le réseau. 53% de ce budget ont été consacrés au réseau électrique. De même que la région qui a sous sa responsabilité une chaîne de 4471 km de lignes de diverses capacités, a procédé à la réhabilitation, toujours au cours de l’année écoulée, de 80 km de lignes de transport d’électricité, «en 2006, le gros de nos efforts a été porté sur la région de Dellys», constate notre interlocutrice qui a ajouté : «Les budgets de maintenance sont puisés sur les fonds propres de la Sonelgaz. Donc, nos abonnés doivent savoir que nous avons besoin d’argent pour investir dans la maintenance et les grands travaux en vue d’améliorer nos prestations». De plus, l’ex-EGA participe au financement des extensions des réseaux et aux raccordements à concours respectivement de 35 et 10% des coûts des projets. Sur ce, Mme Gaceb nous a communiqué les créances détenues sur les abonnés publics ou privés, collectifs ou particuliers. Pour cette région, les factures impayées en 2005 représentaient une somme de 1 042 MDA avant de grimper en 2006 jusqu’à 1 386 MDA. Concernant les factures non payées, toujours pour cette région, des abonnés ordinaires sont de 290MDA. «Contrairement à l’étiquette que me colle la rumeur, je ne suis pas venue à Boumerdès pour collecter uniquement l’argent». De leur côté, les institutions de l’Etat, particulièrement les communes sont lourdement endettées vis-à-vis de la Sonelgaz. A l’exclusion des six communes de la daïra de Rouïba, les 32 APC de la wilaya de Boumerdès traînent une ardoise de 349 MDA. La municipalité de Khemis-El- Khechna, à elle seule, doit payer 7,7 milliards de centimes auxquels s’ajoute une dette de 1,7 milliard de centimes de l’établissement de gestion des eaux de la même localité. Au sujet des factures impayées de l’alimentation des forages de l’AEP dont la plupart concernent plusieurs communes à la fois, la Sonelgaz ne souhaite pas couper l’alimentation électrique. «C’est une solution extrême mise en exécution uniquement dans des situations où il n’y a plus d’interlocuteur avec nous», assure la directrice de Boumerdès qui précise par ailleurs la ligne de conduite de la direction régionale en matière de coupures pour les mauvais payeurs. «De manière générale, les coupures ne nous intéressent pas, car elles nous prennent du temps, coûtent de l’argent et détériorent nos relations avec nos abonnés. Simplement, nous voulons clarifier nos relations avec tous nos partenaires et que celles-ci soient basées sur des obligations contractuelles mutuelles». En dépit des efforts consentis après le séisme pour rétablir les réseaux, les branchements des chalets et des nouveaux logements dans des délais courts, force est de constater la déception de la Sonelgaz quant au comportement de certains sinistrés. « 50% des chalets sont branchés illicitement », nous confie la directrice. En tenant compte d’environ 20 000 chalets occupés, l’on pourrait faire un calcul sommaire sur l’ampleur du détournement et le manque à gagner de la société. «Nous avons introduit un moyen de branchement prépayé pour donner la possibilité aux familles transférées vers les chalets de maîtriser leur consommation, mais une fois le compteur acquis, celles-ci ne reviennent plus. Elles puisent directement dans le réseau », affirme notre hôte. Cette fraude n’est pas l’apanage des seuls sinistrés, elle touche toutes les localités. Pour elle, il y a malheureusement deux types de fraude. Celle citée précédemment est assimilée à du vol, il y a aussi la rétrocession, c’est-à-dire que l’abonné s’érige en distributeur ; procédé jugé aussi illégal. Mme Gaceb évalue la perte de l’énergie électrique à 14%. En tout état de cause, selon Mme Gaceb, la Sonelgaz ne compte pas rester les bras croisés pour mettre fin à ces phénomènes délictueux. Malgré les difficultés et les critiques des citoyens, aucune animosité n’est palpable chez les cadres de la Sonelgaz. Bien au contraire, la volonté de mettre ce service public en harmonie avec l’exigence de l’heure est affirmée.
Abachi L.



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