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«Bonne nouvelle ! Gigantesque découverte d’or en
Algérie.»
Bonne nouvelle pour qui ?
Une tranche de vie que C., citoyenne de Bourouba, dans la banlieue d’Alger, a
tenu à partager avec moi, avec vous. Extraits :
«Ce mercredi matin, mon fils âgé de 12 ans, scolarisé au CEM, me demande
instamment de l’emmener à l’école à 8 heures 15 minutes, et surtout pas avant.
Interloquée, je lui demande pourquoi précisément après 8 heures 15 ? Et mon
fiston, âgé, je tiens à le rappeler de 12 ans seulement, me fait cette réponse
que je vous restitue le plus fidèlement possible :
— Parce que, vois-tu maman, le directeur nous oblige à saluer le drapeau à 7
heures 45 minutes. Et nous sommes contraints de le re-saluer à 16 heures, à la
sortie. Bien évidemment, je fais remarquer à mon fils qu’il est impératif pour
tout Algérien de saluer le drapeau, et qu’il s’agit là de notre emblème symbole.
Et là mon enfant de 12 ans (oui ! oui ! je sais, j’insiste !) m’informe que le
directeur leur donne souvent des taloches parce que la plupart des enfants ne
veulent pas chanter. De plus en plus intriguée, je demande alors à mon fils
pourquoi des élèves refusent de chanter Kassaman ? Sans se démonter le moins du
monde, mon enfant de 12 ans (là, je sens que je vais finir par vous exaspérer à
force d’insister sur l’âge) me rétorque :
— Barkay, Mama ! Eux volent l’argent par sachets noirs pleins, et à nous, ils
nous disent de chanter ? Pourquoi voudrais- tu que je chante ? Lakbar kharbouha
ou h’na enn’ghaniwoulhoum (les adultes ont foiré leur coup, et nous on va les
chanter) ? Et pourquoi donc mon cousin Rayan qui vit en France ne chante pas
Kassaman de la France ? Pourtant, eux, leur école les emmène en vacances au bord
de la mer, et ils leur donnent du chocolat au goûter. Ils ont toutes les raisons
de chanter Kassaman dial frança.
Voilà Hakim ! J’étais littéralement sidérée par les réponses de mon bambin.
Incapable de lui répondre autrement que par des balbutiements et des bégaiements
incompréhensibles. Vous comprendrez aisément pourquoi j’ai aussi lourdement
insisté sur son âge, 12 ans. En tant que mère élevant son fils dans un quartier
populaire par excellence comme Bourouba, ou dans n’importe quel autre quartier
du pays au demeurant, je pense que lorsqu’un enfant de 12 ans développe un tel
raisonnement, réfléchit ainsi s’agissant du drapeau, c’est qu’il y a quelque
chose qui ne tourne pas rond. Chez les adultes, bien sûr. Alors, comme vous le
dites si bien Hakim, en attendant d’y voir plus clair, fumons du thé et restons
éveillés, le cauchemar continue.
H. L.
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