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«Prévues pour les 10 et 11 mars prochain à Alger, les
assises nationales de l’intelligence économique fortement
compromises.»
Faute de participants !
La chronique d’aujourd’hui s’adresse en priorité aux parents d’enfants nés en
1999. Je voudrais leur dire toute ma sympathie et ma compassion. Je voudrais
aussi leur dire que, personnellement, je comprends leur profonde détresse. Voilà
des mamans et des papas qui ont projeté et conçu ensemble l’arrivée en ce très
bas monde d’un enfant. Parce qu’on leur a dit qu’une nouvelle ère allait
s’ouvrir en Algérie à partir de 1999, ils ont «synchronisé» leurs efforts et
leur amour pour faire arriver leur progéniture dans cette plage temps, dans
cette tranche annoncée comme celle de l’Algérie nouvelle et ressuscitée. Gonflés
à bloc à l’idée de donner vie à un bambin dans un environnement enfin redevenu
sain et débarrassé de toute la pourriture qui gangrenait l’Algérie avant l’année
1999, papa et maman, au bout des plus ou moins neuf mois d’attente, d’angoisse
et de fatigue (surtout pour la maman), ont laissé éclater leur joie à la sortie
du mioche. Victoire ! Victoire sur le sort. Victoire sur le pessimisme et le
défaitisme des années pré-99. Forts de cette sensation d’avoir mis sur terre un
chérubin dans des conditions idéales, celles d’un pays s’étant débarrassé en
quelques mois de la corruption, des gros scandales, papa et maman n’en
reviennent pas encore. Leur enfant a aujourd’hui 8 ans. Il va à l’école. Il
apprend à écrire et à lire. Et s’il lui arrive de tomber sur un journal que papa
ou maman a laissé traîner à la maison, s’il entend ses profs parler à l’école,
dans la cour, entre deux classes, que lit-il et qu’entend-il notre petit rejeton
? Procès Khalifa, procès BCIA, affaire BADR, affaire BDL, affaire BNA, fausses
domiciliations, foncier agricole, foncier industriel, banques dissoutes à la
pelle, whisky frelaté, sachets noirs bourrés d’argent, ministres à la barre et
autres joyeusetés qui font que de mémoire d’Algériens, jamais il n’y a eu autant
de scandales financiers que durant cette période 1999-2006. Ce qui devait être
la tranche la plus blanche, la plus propre, la plus immaculée de notre histoire
est devenue la plus noire, la plus crade et la plus dégueu. Résultat :
aujourd’hui, en Algérie, dès 8 ans, on commence à fumer du thé pour rester
éveillé à ce cauchemar qui continue.
H. L.
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