Dimanche 28 Janvier 2007
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GENERATION SCANDALES !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

«Prévues pour les 10 et 11 mars prochain à Alger, les assises nationales de l’intelligence économique fortement compromises.» 

Faute de participants !

La chronique d’aujourd’hui s’adresse en priorité aux parents d’enfants nés en 1999. Je voudrais leur dire toute ma sympathie et ma compassion. Je voudrais aussi leur dire que, personnellement, je comprends leur profonde détresse. Voilà des mamans et des papas qui ont projeté et conçu ensemble l’arrivée en ce très bas monde d’un enfant. Parce qu’on leur a dit qu’une nouvelle ère allait s’ouvrir en Algérie à partir de 1999, ils ont «synchronisé» leurs efforts et leur amour pour faire arriver leur progéniture dans cette plage temps, dans cette tranche annoncée comme celle de l’Algérie nouvelle et ressuscitée. Gonflés à bloc à l’idée de donner vie à un bambin dans un environnement enfin redevenu sain et débarrassé de toute la pourriture qui gangrenait l’Algérie avant l’année 1999, papa et maman, au bout des plus ou moins neuf mois d’attente, d’angoisse et de fatigue (surtout pour la maman), ont laissé éclater leur joie à la sortie du mioche. Victoire ! Victoire sur le sort. Victoire sur le pessimisme et le défaitisme des années pré-99. Forts de cette sensation d’avoir mis sur terre un chérubin dans des conditions idéales, celles d’un pays s’étant débarrassé en quelques mois de la corruption, des gros scandales, papa et maman n’en reviennent pas encore. Leur enfant a aujourd’hui 8 ans. Il va à l’école. Il apprend à écrire et à lire. Et s’il lui arrive de tomber sur un journal que papa ou maman a laissé traîner à la maison, s’il entend ses profs parler à l’école, dans la cour, entre deux classes, que lit-il et qu’entend-il notre petit rejeton ? Procès Khalifa, procès BCIA, affaire BADR, affaire BDL, affaire BNA, fausses domiciliations, foncier agricole, foncier industriel, banques dissoutes à la pelle, whisky frelaté, sachets noirs bourrés d’argent, ministres à la barre et autres joyeusetés qui font que de mémoire d’Algériens, jamais il n’y a eu autant de scandales financiers que durant cette période 1999-2006. Ce qui devait être la tranche la plus blanche, la plus propre, la plus immaculée de notre histoire est devenue la plus noire, la plus crade et la plus dégueu. Résultat : aujourd’hui, en Algérie, dès 8 ans, on commence à fumer du thé pour rester éveillé à ce cauchemar qui continue.
H. L.

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