Lundi 29 Janvier 2007
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Régions Centre : L'APW lance un concours de propreté

L’APW lance un concours devant primer, le 5 juin 2007, Journée mondiale de l’environnement, les villages et les chefs-lieux de commune les plus propres. Elle a installé, à cet effet, une commission de wilaya, avec des prolongements au niveau des daïras et communes, chargée de doter les communes en équipements et d’animer le concours en suscitant la réflexion autour de l’environnement et d’encourager les initiatives à tous les niveaux.
La commission de l’environnement, du tourisme, de l’artisanat et des forêts qui est chargée de l’opération a beaucoup de pain sur la planche pour changer les comportements des citoyens et des collectivités dans une wilaya devenue une poubelle à ciel ouvert. Il n’y a pas une route nationale, un chemin de wilaya ou communal qui n’est pas jonché de gravats, d’ordures ménagères, de carcasses de véhicules, de bouteilles d’un bout à l’autre. Au vu d’une situation qui n’a épargné ni les routes ni les forêts, ni les oueds, ni même les périphéries des villes, on ne peut que saluer l’initiative de l’APW tout en nous posant la question de savoir si les villes et villages de la wilaya de Tizi-Ouzou peuvent redevenir propres intra-muros et dans leurs limites territoriales respectives ? Le doute est permis au vu de la situation actuelle des chefs-lieux de communes en particulier qui sont tous dans un état lamentable au plan de l’aménagement urbain et de l’hygiène. On est d’autant plus sceptique que le chef-lieu de wilaya censé donner l’exemple en matière d’aménagement et de propreté n’est pas mieux loti que les autres chefs-lieux de commune. Ce scepticisme est, par ailleurs, justifié par le fait que la ville de Tizi-Ouzou a raté le rendez-vous pour changer de visage en juillet 2006, d’après le délai fixé par le wali. Si l’on pouvait lancer un concours de délaissement urbain, de saleté, de pollution de l’environnement, en un mot de non-gestion, les 67 communes de la wilaya pourraient être difficilement départagées. Nos villes ressemblent aux villages les plus archaïques du monde rural avec l’organisation citoyenne, la discipline librement consentie des habitants et l’autogestion en moins. Quelque chose s’est rompue dans les habitudes comportementales des citoyens et des gestionnaires des collectivités locales ces dernières années. Nos rues aux chaussées et trottoirs sales, assez souvent délabrés, nos espaces publics privatisés, nos murs tapissés d’affiches, barbouillés de slogans, d’insultes et d’insanités, nos marchés, nos jardins et places publiques, quand il y en a, nos cinémas là où il en reste encore, nos cafés, nos hôtels, nos plages n’ont plus, à quelques rares exceptions près, que de lointains rapports avec leur état d’il y a vingt ou trente ans. Au lieu des améliorations qui auraient dû être générées par le temps, l’expérience, le renforcement de l’éducation et du civisme, on assiste à une dégradation continue du milieu urbain et de l’environnement dans l’indifférence générale, la batterie de textes réglementaires, le développement des moyens, le renforcement des services de sécurité, la prolifération des partis politiques et des associations censés construire la conscience collective n’ont pas changé grand-chose jusqu’à présent. Que s’est-il passé pour que l’on soit là ? Nos villes ont grandi trop vite, souvent anarchiquement, elles sont devenues cosmopolites à force d’exode rural et de mobilité de la population, elles se sont ruralisées au point de perdre leurs traditions citadines. Nos quartiers, nos immeubles et nos logements sont surpeuplés, l’absence d’infrastructures sportives et culturelles, l’insuffisance de prise en charge des jeunes par la formation professionnelle, le chômage endémique sévissant depuis plus de vingt ans traduisent, d’une part, le divorce entre la société et les institutions étatiques et ont eu, par ailleurs, des effets néfastes parfois désastreux sur le cadre de vie. Que faut-il faire pour redresser la barre ? Au-delà des sévères rappels à l’ordre du wali, des incitations faites çà et là à l’exemple du concours lancé par l’APW, il convient, en premier lieu, d’équiper les APC en matériel nécessaire, les doter en personnel qualifié, recycler ou reconvertir les effectifs en place qu’il faut remettre sérieusement au travail, rationaliser le fonctionnement des APC et l’utilisation de leurs moyens matériels et humains. Il s’agit en second lieu de créer des décharges intercommunales et d’encourager le tri des ordures ménagères et l’émergence d’unités de recyclage, de lancer la réalisation de stations d’épuration au niveau des chefs-lieux de daïra et de bassins de décantation des eaux usées autour des villages. La police de l’environnement ou la réhabilitation des gardes champêtres et forestiers dotés du pouvoir de sanction des infractions aux règles de la protection de l’environnement, de saisie des véhicules déversant des gravats et ordures hors des sites prescrits à cet effet s’avèrent indispensables. Il s’agit, en outre, de lancer une vaste campagne de sensibilisation impliquant les comités de quartiers et de villages, et d’introduire l’instruction civique dans notre système éducatif. Le mal étant profond, il convient de l’attaquer en profondeur.
B. T.

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