Lundi 29 Janvier 2007
Accueil | Edition du jour | Archives
Rechercher:   Recherche avancée
Actualités
Périscoop
Régions Centre
Régions Est
Régions Ouest
Sports
Femme magazine
Panorama
LE REGARD DE MOHAMED BENCHICOU
Pousse avec eux
Le HIC
Edition du jour
 
Corruptions
Monde
 
 
Nos archives en HTML
Nos archives en PDF
 

LE CONTEXTE DE L'EPOQUE M'A TUE(R) !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Procès Khalifa. Jusqu’à présent, la question de fond n’a toujours pas été posée :

Ki Né Pa 1pliké ?

Les évènements entrent dans une phase de déshabillage tellement hideux que même les pitreries et les pétages de vieux plombs de Madame Toumi n’intéressent plus personne, suscitant à peine un entrefilet entre la tortue géante de 25 kilos découverte à Jijel et le licenciement de Belhout de l’ESS. Laissons donc aux écarts de langage de bois de la ministre la dimension qui est la leur, c'est-à-dire nulle, et intéressons-nous plutôt à ce que je considère déjà comme «la phrase du siècle du procès du siècle» prononcée par un autre ministre, autrement plus structuré, Medelci. Le patron de nos finances, à propos de l’absence de prise de responsabilité de son département face aux dérives du groupe Khalifa, face aussi à l’absence de sanctions de cette tutelle alors que des rapports avaient actionné la sonnette d’alarme, a fait cette réponse que je trouve abracadabrante, stupéfiante et aussi pleine de mystères que le Da Vinci Code : «Le contexte de l’époque était peu propice au déclenchement de poursuites.» LE CONTEXTE DE L’EPOQUE ! Bonté divine ! Mais qui c’est celui-là, le contexte de l’époque ? Je connaissais et connais toujours d’ailleurs le président de l’époque. Je connaissais et connais encore les membres de l’équipe gouvernementale de l’époque. Je connaissais et connais aujourd’hui encore les drôles de requins qui barbotent dans l’aquarium Algérie. Mais le contexte de l’époque, je ne connaissais pas, et ne connais toujours pas. Par «contexte de l’époque» qui ou quoi Medelci a-t-il voulu nous montrer du doigt avant de mourir. En écrivant sur le mur, avec l’index imbibé de son sang de futur sacrifié «Le contexte de l’époque m’a tuer», le ministre des Finances nous replonge violemment le nez dans la mouise et dans le brouillard londonien des bords du fleuve El Harrach. Et j’en connais une qui se retrouve dans de beaux draps, si j’ose dire. C’est la juge Brahimi. Comment va-t-elle faire pour convoquer en audience «Le contexte de l’époque» ? Est-ce que «Le contexte de l’époque» a une adresse connue des services de sécurité ? Et s’il en a une, «Le contexte de l’époque» sera-t-il convoqué en tant que témoin ou en tant qu’accusé ? Plus pointu encore, «Le contexte de l’époque» bénéficiera-t-il du fameux privilège de juridiction ? Mais en même temps, l’intrusion tonitruante de ce nouvel acteur dans le procès va peut-être débloquer une situation qui ressemble de plus en plus au carrefour Audin, un dimanche à 16 heures. Eh oui ! Maintenant, on peut très bien imaginer un procès qui se terminerait sur la condamnation de Moumen Khalifa et du Contexte de l’époque à une peine identique : rester à perpétuité dans le brouillard de Londres. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

Nombre de lecture : 3632

La copie partielle ou totale des articles est autorisée avec mention explicite de l'origine
« Le Soir d'Algérie » et l'adresse du site