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Procès Khalifa. Jusqu’à présent, la question de fond n’a toujours
pas été posée :
Ki Né Pa 1pliké ?
Les évènements entrent dans une phase de déshabillage tellement hideux que
même les pitreries et les pétages de vieux plombs de Madame Toumi n’intéressent
plus personne, suscitant à peine un entrefilet entre la tortue géante de 25
kilos découverte à Jijel et le licenciement de Belhout de l’ESS. Laissons donc
aux écarts de langage de bois de la ministre la dimension qui est la leur,
c'est-à-dire nulle, et intéressons-nous plutôt à ce que je considère déjà comme
«la phrase du siècle du procès du siècle» prononcée par un autre ministre,
autrement plus structuré, Medelci. Le patron de nos finances, à propos de
l’absence de prise de responsabilité de son département face aux dérives du
groupe Khalifa, face aussi à l’absence de sanctions de cette tutelle alors que
des rapports avaient actionné la sonnette d’alarme, a fait cette réponse que je
trouve abracadabrante, stupéfiante et aussi pleine de mystères que le Da Vinci
Code : «Le contexte de l’époque était peu propice au déclenchement de
poursuites.» LE CONTEXTE DE L’EPOQUE ! Bonté divine ! Mais qui c’est celui-là,
le contexte de l’époque ? Je connaissais et connais toujours d’ailleurs le
président de l’époque. Je connaissais et connais encore les membres de l’équipe
gouvernementale de l’époque. Je connaissais et connais aujourd’hui encore les
drôles de requins qui barbotent dans l’aquarium Algérie. Mais le contexte de
l’époque, je ne connaissais pas, et ne connais toujours pas. Par «contexte de
l’époque» qui ou quoi Medelci a-t-il voulu nous montrer du doigt avant de
mourir. En écrivant sur le mur, avec l’index imbibé de son sang de futur
sacrifié «Le contexte de l’époque m’a tuer», le ministre des Finances nous
replonge violemment le nez dans la mouise et dans le brouillard londonien des
bords du fleuve El Harrach. Et j’en connais une qui se retrouve dans de beaux
draps, si j’ose dire. C’est la juge Brahimi. Comment va-t-elle faire pour
convoquer en audience «Le contexte de l’époque» ? Est-ce que «Le contexte de
l’époque» a une adresse connue des services de sécurité ? Et s’il en a une, «Le
contexte de l’époque» sera-t-il convoqué en tant que témoin ou en tant qu’accusé
? Plus pointu encore, «Le contexte de l’époque» bénéficiera-t-il du fameux
privilège de juridiction ? Mais en même temps, l’intrusion tonitruante de ce
nouvel acteur dans le procès va peut-être débloquer une situation qui ressemble
de plus en plus au carrefour Audin, un dimanche à 16 heures. Eh oui !
Maintenant, on peut très bien imaginer un procès qui se terminerait sur la
condamnation de Moumen Khalifa et du Contexte de l’époque à une peine identique
: rester à perpétuité dans le brouillard de Londres. Je fume du thé et je reste
éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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