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«Peut-être un tournant demain dans le procès Khalifa avec
l’audition d’un jacuzzi du Centre de thalasso de Sidi Fredj. Un
témoignage qui devrait provoquer des …
…remous»
C’est le jour le plus triste de ma vie ! Sans exagérer, je n’en connais pas
de plus triste. Pas de cette petite tristesse passagère, pas de ce spleen qui
peut se dissiper à la moindre poussée de brise. Non ! Une bonne grosse tristesse
installée lourdement au-dessus de ma tête. Dès que j’ai su la nouvelle, dès que,
comme vous, j’ai lu l’information dans les journaux, j’ai senti la tristesse
m’envahir rapidement pour coloniser chaque centimètre carré de mon corps (ce qui
fait beaucoup) et chaque neurone (ce qui ne fait pas beaucoup). Comment
voulez-vous ne pas être profondément triste lorsque vous apprenez que le guide
libyen Mouammar (ou Maâmar, je n’ai jamais su) Ghaddafi (ou Kadhafi, là aussi,
je n’ai franchement jamais retenu la bonne orthographe) vient d’interdire le sol
de son pays aux Algériens ? Le ciel m’est tombé sur la tête lorsque j’ai appris
que, désormais, il me fallait un visa pour me rendre en Libye. L’horreuuuuuuuuuuuuuur
! «Mais komment véje faire ?», me suis-je dit. Moi qui me réveille chaque matin
avec dans la tête l’idée fixe d’aller faire un tour en Libye. Comment peut-on
vivre avec cette intolérable nouvelle ? Comment peut-on se passer d’aller
librement en Libye ? Ce beau pays. Ce pays de libertés. Ce pays qui, à l’heure
où partout dans le monde humain et civilisé, les murs tombent et les peuplent
élisent un président, lui se complaît à être dirigé par un homme affublé du
titre de «Guide». C’est une véritable torture de savoir que juste à côté de ma
pauvre Algérie il existe un pays comme la Libye, terre de toutes les ouvertures,
contrée de toutes les initiatives créatrices, périmètre sacré de la liberté de
penser et de dire, domaine consacré de la libre critique et berceau de la
pluralité, et que malgré cette proximité alléchante, je ne peux plus m’y rendre
sans visa. C’est d’autant plus cruel que je sais avoir dans ce pays un grand ami
en la personne du Guide. Un homme éclairé à la torchère qui ne rate aucune
occasion pour dire tout le bien qu’il pense de moi et de mes consœurs et
confrères. Prévenant, soucieux de suivre tout ce que nous disons et écrivons à
la lettre, il pousse la prévenance et la gentillesse jusqu’à nous poursuivre de
ses marques de sympathie et d’intérêt ici même chez nous, dans notre pauvre
Algérie. En un mot comme en cent, je vous pose la question chers compatriotes
qui êtes désormais privés de Kadhafi : peut-on vivre sans Libye ? Mais plutôt
que de me répondre, fumez du thé et restez éveillés, le cauchemar continue.
H.
L.
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