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Moumen Khalifa à Al Djazira : «Le plus gros scandale…
…linguistique du siècle ! »
Je savais l’économie de mon pays fragile, mais tout de même pas au point de
vaciller, d’être mise en danger par de méchantes et dangereuses cartes
«gratuites» de remise en forme dans un centre de thalasso. Si ça continue comme
ça, si la préoccupation première est de savoir combien de fois tel Pdg
d’entreprise publique a fait trempette dans un bain à remous, et combien de fois
tel autre haut responsable s’est fait masser par des mains expertes, qu’on nous
dise alors clairement que nous sommes face au plus grand et plus gros scandale
des thermes et bains d’Algérie. Nous arrêterions alors d’attendre vainement et
bêtement que nous soient révélés les noms des personnes qui ont permis que
l’empire Khalifa se constitue et nous réduirions du coup nos attentes aux
dimensions plus modestes d’une baignoire, de jets à haute pression, de boue aux
effets destressants, de crèmes antirides, de baumes anticernes et d’extraits
d’algues relaxantes. Ça me semblerait plus conforme à la tournure actuelle des
débats et des auditions. Il s’en trouve même parmi les observateurs présents
dans le prétoire qui sont passés maîtres dans l’art de déceler dans l’allure
générale des personnes qui défilent à la barre ceux qui allaient très
fréquemment en cure, ceux qui y sont allés régulièrement, ceux qui y allaient de
temps à autre, ceux qui y sont allés une ou deux fois et ceux qui n’y sont
jamais allés. Dans cet ordre d’idées, j’ai «l’intime conviction», pour reprendre
un terme juridique, que les prévenus qui ont des chances de s’en tirer, au bout
de ce procès sont ceux qui ont le teint pâle, les traits tirés, des cernes sous
les yeux et la démarche arthrosée. Par contre, je ne donne pas cher de la peau
des gars à l’allure sportive, élancée et arborant un teint shooté aux UV.
Ceux-là risquent de plonger. Et pas dans une baignoire. Je fume du thé et je
reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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