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A propos des relations entre l’Algérie et la France, Jack Lang
voit l’avenir en rose. Il espère que les deux parties iront encore
plus profond. Au président Bouteflika qui l’a reçu pendant
plus d’une heure, Lang s’est dit disponible et ouvert à toutes
les initiatives.
Je n’en doute pas, mon Jacky !
23e jour du procès Khalifa. Je ne sais plus trop ! Etait-ce hier que le
caissier principal avait été rappelé à la barre pour la 3467e fois ? Ou
avant-hier, lorsque le chargé de la sécurité de Khalifa avait été interrogé sur
un lot de terrain de 152, 56 m2 à Chéraga ? A moins que ce soit l’avant-veille,
lorsque ce Pdg d’une entreprise vachement publique avait dû s’expliquer sur le
fait qu’il avait annoncé n’avoir jamais demandé de carte de thalasso alors qu’il
s’est avéré, au bout d’une longue et minutieuse enquête des services de police
auprès de tous les photomatons de son quartier, qu’il avait lui-même fourni une
photo d’identité en couleur pour l’établissement de ladite carte. A la
réflexion, je crois que c’est plutôt lorsque la cour a convoqué cet expert en
sacs de transport de fonds pour qu’il dise à la justice quelle est la contenance
moyenne de ces sacs, jusqu’à quelle limite on peut les bourrer sans qu’ils
craquent et quel type de cadenas chinois ils utilisent. A bien y réfléchir,
c’est peut-être cet autre jour, lorsque ce liquidateur a révélé à l’assistance
ébahie que cinq minutes avant qu’il ne les détruise, les documents étaient
intacts. Mais j’ai des doutes, et je penche de plus en plus pour le jour où tous
les mecs qui ont défilé à la barre, entre témoins et prévenus, ont concouru pour
savoir lequel d’entre eux arriverait à convaincre madame la juge et monsieur le
procureur général qu’il était incontestablement le moins intelligent dans cette
déjà trop longue affaire. A vrai dire, je commence à m’ennuyer sec. Je n’arrive
plus à discipliner mon attention. Mon potentiel concentration est à zéro.
Pourtant, ce n’est pas faute d’y avoir mis toute ma bonne volonté les premiers
jours. Mais là, au bout de 23 jours, je fatigue grave à attendre vainement que
ce procès décolle un peu, s’extirpe des bains de boue de la Thalasso, des lopins
de terrain de moins de 200 mètres carrés et des Smith Et Wesson rouillés. Je
fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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